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Création d'entreprises

Concours national : le CNRS sur le podium

« Ces prix sont un sérieux coup de pouce pour ces futures sociétés qui se sont distinguées par leur inventivité et leurs résultats prometteurs. »

Le CNRS n'est pas à la traîne face au défi de l'innovation et de la création d'entreprise. Cette année, à l'occasion du 7e concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes 1, deux projets issus du CNRS et soutenus par le Genopole, LTKfarma et DNA Therapeutics, ont remporté les premier et second prix dans la catégorie « création-développement ». Un sérieux coup de pouce pour ces futures sociétés, qui se sont distinguées par leur inventivité et leurs résultats prometteurs.

Premier prix spécial du jury, LTKfarma est issue des travaux de David Klatzmann, directeur du Laboratoire de biologie et thérapeutique des pathologies immunitaires 2. David Klatzmann a mis au point une technique permettant d'augmenter considérablement les chances de survie des patients qui reçoivent une greffe de cellules souches hématopoïétiques allogéniques – cellules qui produisent les cellules sanguines et qui proviennent d'un donneur génétiquement différent du malade. Pour les malades atteints de leucémie, cette greffe constitue un véritable espoir de guérison. But de l'opération : remplacer les cellules malades de la moelle osseuse par des cellules saines, notamment des cellules souches et des lymphocytes T. Ces derniers jouent un rôle primordial dans le système immunitaire et sont indispensables pour assurer la prise de la greffe et éliminer les cellules leucémiques résiduelles. Or, dans certains cas, ils considèrent l'hôte comme un corps étranger, l'attaquent et provoquent la « maladie du greffon contre l'hôte ». « C'est un véritable dilemme, souligne David Klatzmann. Le malade a besoin des lymphocytes T pour guérir, mais dans 15 à 20 % des cas, ceux-ci peuvent le tuer. » LTKfarma propose une solution à ce paradoxe : « des lymphocytes piégés contenant une grenade que l'on déclenche à distance en cas de danger. » Cette « grenade », c'est un « gène-suicide » inséré dans tous les lymphocytes T avant la greffe. En cas de rébellion, il suffit d'activer le gène-suicide par l'intermédiaire d'un médicament. Une substance toxique est alors produite dans les lymphocytes « rebelles » et engendre leur destruction sans endommager les autres cellules. Une idée de génie qui ouvrira la voie des greffes de moelle osseuse à de nombreux malades. Les personnes atteintes de maladies auto-immunes sévères ou de myélodysplasie pourraient elles aussi ­bénéficier de cette stratégie thérapeutique soutenue par l'AFM et l'AP-HP. Les essais cliniques sont en cours, et les premiers produits devraient être sur le marché en 2009. Grâce aux 450 000 E du ministère, l'entreprise, présidée par le docteur Laurent Delon de Narbonne, professionnel issu des secteurs de la pharmacie et de la biotechnologie, est en cours de création au Genopole-Évry.

Second prix spécial du Jury : DNA Therapeutics, issue des travaux de Jian-Sheng Sun. Directeur du laboratoire « Modulations chimique et photochimique des fonctions cellulaires » 4, il a mis au point 5 une technique destinée à empêcher les tumeurs de résister aux chimio- et radiothérapies. Une résistance qui s'explique par la capacité de certaines cellules à réparer leur ADN endommagé par les traitements. L'astuce ? « Leurrer » les cellules tumorales en y introduisant des bouts d'ADN qui miment les cassures réelles. Submergées par le nombre de fragments d'ADN cassés, les enzymes de réparation ne parviennent plus à reconstituer le « vrai » ADN, et les cellules sont à nouveau sensibles à la radiothérapie. Cet « appât d'ADN », procédé inédit encouragé dès le début par le Genopole, a reçu, en plus des 400 000 E du concours, des aides de l'Anvar 6, de l'Institut Curie, et de l'aide à la valorisation du CNRS. Autant d'appuis qui devraient permettre de créer DNA Therapeutics au 2e trimestre 2006. « La recherche restera publique, mais le développement du produit, disponible vers 2010, sera assuré par la société », explique Marie Dutreix, de l'Institut Curie, elle aussi à l'origine du projet. Une levée de fonds début 2006 devrait réunir 6 à 8 millions d'euros pour les essais cliniques. Le projet, actuellement couvé par l'incubateur Incuballiance, devrait intéresser rapidement les grands groupes pharmaceutiques.

 

Marine Corniou

 

 

1. Concours national du ministère délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche.
2. Laboratoire CNRS / université Paris-VI.
3. En collaboration avec José Cohen, de l'Inserm, François Lemoine, de l'université Pierre et Marie Curie, et le service de biothérapie qu'il dirige à l'hôpital Pitié-Salpêtrière.
4. Laboratoire CNRS / Inserm / MNHN.
5. Avec ses collaborateurs du CNRS, de l'Institut Curie et de l'Inserm.
6. Agence nationale de la valorisation de la recherche.

 

 

Notes :

1. Concours national du ministère délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche.
2. Laboratoire CNRS / université Paris-VI.
3. En collaboration avec José Cohen, de l'Inserm, François Lemoine, de l'université Pierre et Marie Curie, et le service de biothérapie qu'il dirige à l'hôpital Pitié-Salpêtrière.
4. Laboratoire CNRS / Inserm / MNHN.
5. Avec ses collaborateurs du CNRS, de l'Institut Curie et de l'Inserm.
6. Agence nationale de la valorisation de la recherche.

Contact

David Klatzmann, LTKfarma
david.klatzmann@chups.jussieu.fr

Marie Dutreix, DNA Therapeutics
marie.dutreix@curie.u-psud.fr


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