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Le CNRS et l'Italie sur la même longueur d'onde

Page 37 Virgo

© L.Journet/CNRS Photothèque, EGO-VIRGO

Réalisation italo-française, le très grand équipement Virgo, installé à Cascina près de Pise en Italie, a été conçu pour vérifier l'existence des ondes gravitationnelles.


 

En Italie, la recherche est menée dans les universités, dans les instituts des organismes de recherche, qui dépendent le plus souvent du ministère de l'Éducation, de l'Université et de la Recherche (Ministero dell'Istruzione, dell'Università e della Ricerca, MIUR), et dans de grandes entreprises, publiques et privées.

Or depuis quelques années, le système de recherche italien est soumis à une réforme importante, initiée par le MIUR. L'objectif est de redéfinir le nombre et le rôle des instituts de recherche, afin de rendre le système plus efficace. Ainsi, nombre d'organismes de recherche, comme le Consiglio Nazionale delle Ricerche (CNR), l'un des principaux partenaires du CNRS, ont subi ou subissent une profonde réorganisation de leur structure et de leur politique. Autre point important concernant la recherche italienne : son budget. En 2003, les investissements en faveur de la R&D plaçaient l'Italie en 12e position

des 15 pays de l'Union européenne. Depuis, ce chiffre a augmenté, mais il demeure inférieur à la moyenne des pays européens. Malgré cela, la recherche italienne n'est pas en reste, comme en témoignent le nombre et la qualité de ses publications.

Au regard des copublications, la France est, à égalité avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne, le second partenaire scientifique de l'Italie après les États-Unis. Mais qu'en est-il précisément des relations entre le CNRS et l'Italie ? C'est l'un des pays avec lesquels le CNRS a le plus grand nombre de coopérations structurées et ce, dans tous les domaines. Tout d'abord, le CNRS est lié avec son homologue italien, le CNR, par un accord de coopération depuis 1971. Il vient tout juste d'être renouvelé le 9 mai dernier à Rome. Cet accord permet des échanges de chercheurs dans le cadre de projets conjoints annuels établis sur appels d'offres mais aussi la mise en place d'opérations structurantes comme les Laboratoires européens associés (LEA), les Projets internationauxde coopération scientifique (Pics), et les Groupements de recherche européens (GDRE). En 2004 et 2005, on compte une vingtaine de projets conjoints avec le CNR. Quant aux actions structurantes, 6 Pics, 3 LEA, 12 GDRE et 4 « GDRE plus » 1 sont actuellement en cours ou en création. D'autres sont d'ores et déjà en préparation pour 2006. Dans le cadre de ces actions, le CNRS collabore également avec des universités italiennes ou d'autres organismes de recherche. Il existe par exemple un accord entre le CNRS et l'Instituto Nazionale di Fisica Nucleare (INFN) qui a notamment permis la réalisation du très grand équipement italo-français Virgo 2. Cette antenne de détection des ondes gravitationnelles, installée près de Pise et inaugurée en 2003, a pour fonction de confirmer l'existence de ces ondes et de vérifier la théorie d'Einstein selon laquelle elles se diffusent à la vitesse de la lumière à travers l'espace et la matière. Autre preuve du dynamisme de la coopération entre le CNRS et l'Italie : plus de 4 000 chercheurs CNRS s'y rendent en mission chaque année. Et, avec le renouvellement de l'accord, la signature le 9 mai dernier d'un nouveau LEA, de deux nouveaux GDRE, et d'un nouvel accord entre plusieurs organismes italiens, l'Ifremer et l'Insu dans le domaine des sciences et technologies marines, cela ne devrait que s'amplifier.

 

Stéphanie Belaud

 

 

 

En chiffres

 

·         Budget R&D : 1,16 % du PIB (la valeur moyenne pour l'Union européenne des 15 est de l'ordre de 2 %).

·         En 2004, 7 % des publications italiennes sont cosignées avec la France, dont 40 % avec le CNRS.

·         Plus de 4 000 missions par an du personnel CNRS en Italie.

·         En 2003, 128 chercheurs et 25 ingénieurs de nationalité italienne avaient un poste statutaire au CNRS, 50 chercheurs italiens bénéficiaient d'un poste de chercheur associé et près de 250 y effectuaient un postdoc.

 

 

Partenaire

 

Le Consiglio Nazionale delle Ricerche (CNR) est l'un des principaux partenaires du CNRS. Une centaine d'instituts de recherche dépendent de cet organisme public créé en 1923. Doté d'environ un tiers du budget public de la recherche, le CNR a pour mission le développement de la recherche fondamentale et finalisée dans le cadre des objectifs stratégiques nationaux. Depuis 2004, il subit une réorganisation qui porte essentiellement sur la fusion interdisciplinaire de laboratoires, le financement sur projets, l'augmentation des liens avec les universités et les entreprises, le rajeunissement des chercheurs et la transformation des départements disciplinaires en 11 départements thématiques.

 

 

Notes :

1. Mis en place par le CNRS, ces « GDRE plus » ont pour but de soutenir les projets qui n'ont pas été retenus par la Commission européenne, par manque de moyens, mais qui sont scientifiquement excellents et dans les priorités du CNRS.
2 Voir « Zoom », Le journal du CNRS, n° 162-163, juin-juillet 2003

Contact

Anne d'Albis
Directrice adjointe des relations européennes et internationales, Paris
anne.dalbis@cnrs-dir.fr


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