
Les ondulations de l'olivine

Une prairie et un champ de coquelicots vus du ciel ? La nouvelle pizza à la mode ?
Le « bichrome » d'un peintre encore inconnu ? Non ! La réponse se trouve du côté de la cristallographie. L'image prise par un microscope électronique à haute résolution représente deux grains d'olivine – un vert et un rouge – côte à côte. De formule chimique (Fe,Mg)2SiO4, l'olivine est un des minéraux les plus abondants des roches terrestres.
Elle tire son nom de sa couleur vert olive. Sur la photo, on ne peut pas voir sa vraie teinte. Les chercheurs du Centre d'études de chimie métallurgique 1 ont en effet utilisé un code couleur pour étudier la frontière entre les deux cristaux et leur orientation l'un par rapport à l'autre. Le grain vert est ainsi décalé de plus de 1 degré, dans le plan, par rapport au grain rouge. Et, fait encore plus inattendu, jamais observé jusque-là à l'échelle nanométrique : les deux grains sont séparés par une sorte d'ondulation. Elle est le résultat de la déformation des cristaux. Au centre de l'image, on voit nettement des points jaunes et bleus espacés régulièrement. C'est à cet endroit précis que la déformation est la plus grande. Cette propriété pourrait être utilisée pour caractériser la plasticité des roches, et même la conductivité des matériaux supraconducteurs qui ont une structure similaire.
J. B.
1. Travaux en collaboration avec le département de géologie de l'université d'Arizona.