
Pour renouveler les bois de facture instrumentale
La France est le quatrième producteur mondial d'instruments de musique haut de gamme. Pour les fabriquer, les propriétés des bois utilisés sont primordiales. Certains, denses et durs, sont appréciés car résistants et agréables à manier. D'autres sont plutôt prisés pour leurs propriétés de faible amortissement, car ils n'absorbent pas toute l'énergie et font durer le son. Mais certaines essences tropicales sont de plus en plus difficiles à obtenir. Il faut donc trouver des bois de substitution. Voilà pourquoi Iris Brémaud 1 a entrepris de recenser les bois de tous les instruments, actuels et du passé, d'Occident et d'ailleurs, pour analyser leurs propriétés physiques et mécaniques – l'amortissement n'est par exemple connu que dans 1 % des bois ! Elle a enfin présélectionné dix essences méconnues des fabricants. Des luthiers devraient bientôt tester leurs propriétés.
1. Laboratoire de mécanique et génie civil, CNRS / Université Montpellier-II.
Contact : Iris Brémaud, bremaud@lmgc.univ-montp2.fr
Nouveaux fossiles, nouveaux dilemmes
250 millions d'années, fin de l'ère primaire. C'est l'âge attribué à une nouvelle faune fossile composée d'amphibiens géants et de reptiles anté-dinosauriens et découverte au cœur du Sahara par une équipe internationale, dont faisait partie le paléontologue Jean-Sébastien Steyer 1. Ces squelettes bien conservés de salamandres géantes et carnivores et de gros reptiles herbivores remettent en question le peu de connaissances sur le climat et l'évolution de la vie à cette époque. Ces espèces inconnues ne ressemblent en rien à celles déjà découvertes, dans les mêmes terrains ou même sur d'autres continents. Cette hétérogénéité infirme l'hypothèse du climat uniforme, plutôt tempéré et tropical, de la Pangée, qui réunissait autrefois tous les continents. Et laisse penser que le Sahara de l'époque ressemblait plutôt à une plaine en voie de désertification traversée par quelques cours d'eau.
1. Paléobiodiversité et paléoenvironnement (CNRS / Muséum national d'histoire naturelle).
Contact : Jean-Sébastien Steyer, steyer@mnhn.fr