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Jeunes chercheurs

Congrès Eurodoc 2005, pour réflechir au statut des jeuens chercheurs européens.

Oui à l'Europe des apprentis chercheurs

Pas moins de un demi-million de doctorants et jeunes docteurs (postdocs), dont 70 000 en France : la recherche européenne compte là une importante force de travail. Mais selon qu'ils sont Français, Italiens, ou Hollandais, ils ne sont pas du tout logés à la même enseigne. C'est pourquoi Eurodoc 1, leur fédération européenne, s'est créée en 2002, histoire de comparer la diversité des systèmes doctoraux. « C'est une plate-forme d'échanges, une manière de voir ce qui se passe ailleurs et d'identifier les forces et difficultés communes », explique Florent Olivier, doctorant, président de la Confédération des jeunes chercheurs (CJC) et membre d'Eurodoc. « Nous avons six ateliers 2 de réflexion et faisons régulièrement des recommandations pour améliorer nos conditions de travail et de vie à l'échelle européenne. » En effet, il n'existe aujourd'hui en Europe aucune règle commune assurant la formation à et par la recherche. Si certains pays d'Europe proposent un cadre légal soigneusement défini (Irlande, Royaume-Uni) avec parfois même la garantie d'un contrat de travail (Norvège, Pays-Bas – la référence), ce n'est pas le cas pour la plupart d'entre eux (Allemagne, Espagne, France, Italie…). Voilà pourquoi Eurodoc demande la mise en place d'un cadre légal commun pour les doctorants européens, qui puisse apporter des solutions à leurs problèmes respectifs de formation, de rémunération et de couverture sociale (sécurité sociale, retraite, congés parentaux…). « Mais attention, prévient Florent Olivier, il ne s'agit pas de demander une uniformisation européenne du système doctoral, mais plus d'homogénéisation, de fluidité et d'équivalence entre les pays. Je pense notamment à l'harmonisation des diplômes en cours 3, mais aussi à la mobilité des jeunes chercheurs dans les différents pays et aux problèmes juridiques et administratifs qu'elle pose. »

Autre point particulièrement sensible : la reconnaissance professionnelle et le recrutement des jeunes docteurs. Tout à son honneur, la France produit désormais 10 000 docteurs par an. 2 500 à 3 000 sont embauchés dans l'enseignement supérieur et la recherche publique. Il en reste donc 7 000 chaque année qui cherchent du travail. Pas si simple, car le diplôme de docteur, le plus prestigieux, souffre paradoxalement en France d'un grave problème de considération et de visibilité. « Du coup, plus de 7 % des jeunes docteurs sont aujourd'hui au chômage, annonce, inquiet, Florent Olivier. Ils ne sont d'ailleurs pas plus reconnus par les conventions collectives que par les modalités de concours des fonctions publiques. » Bref, Eurodoc se bat désormais pour la revalorisation de leur statut.

 

Fabrice Impériali

 

Pour en savoir plus

www.eurodoc.net

 

 

 

Notes :

1. Créée officiellement en 2002 et désormais établie à Bruxelles, Eurodoc regroupe 21 associations européennes de doctorants et jeunes docteurs européens. Du 11 au 13 mars s'est tenu, à Strasbourg, le congrès Eurodoc 2005 coorganisé par les fédérations française (CJC) et allemande (Thesis eV).
2. Six ateliers électroniques travaillent sur la mobilité, l'encadrement et la formation, les parcours professionnels, l'égalité des sexes, les conditions de travail, et la collecte de données européennes.
3. En juin 1999 à Bologne, 29 pays d'Europe se sont engagés à harmoniser leurs diplômes universitaires sur le modèle : Licence-Master-Doctorat dit LMD.

Contact

Florent Olivier
florent.olivier@polytechnique.edu


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