
L'événement
Lancement de l'Agence de biomédecine
Annoncée dans les lois sur la bioéthique du 6 août 2004, voilà enfin l'Agence de biomédecine mise sur orbite. Organisme de santé publique placé sous la tutelle du ministère chargé de la Santé, cette agence aura pour compétence toutes les activités de procréation, d'embryologie et de génétique humaines. Elle récupère aussi celles placées depuis dix ans sous la responsabilité de l'ex-Établissement français des greffes, à savoir le prélèvement et la greffe d'organes, de tissus et de cellules. « Ces champs de la biologie et de la médecine sont en rapide évolution. Ils suscitent d'importants espoirs thérapeutiques et des questions éthiques légitimes, a relevé lors de l'inauguration, le 6 mai 2005, Philippe Douste-Blazy, ministre en charge de la Santé. Ces deux dimensions sont pleinement prises en compte dans les missions de cette agence, dont la création marque une étape décisive en matière de bioéthique. »
De fait, l'agence fera désormais autorité sur toutes les activités de recherches in vitro sur l'embryon. Elle délivrera aux laboratoires les autorisations de recherche sur les cellules embryonnaires humaines, et notamment celles de création de nouvelles lignées à partir d'embryons surnuméraires. Une décision que « les scientifiques intéressés par l'exploration biomédicale des potentiels des cellules souches et de leurs dérivés embryonnaires attendent avec impatience » 1, note Marc Pechanski, directeur de recherche à l'Inserm. Rappelons en effet que la révision des lois de bioéthique entamée en 1999 avait finalement autorisé en septembre 2004 l'importation de lignées de cellules souches embryonnaires humaines, mais toujours pas leur création.
L'autre grand domaine d'intervention de l'Agence concerne les activités scientifiques et médicales de procréation, d'embryologie et d'examen des caractéristiques génétiques humaines, avant et après la naissance. Elle délivre ainsi les agréments des praticiens et biologistes intervenant dans ces domaines et donne son aval sur les créations de centres de diagnostic préimplantatoire et de centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal. Elle reste aussi vigilante sur ce qui concerne l'assistance médicale à la procréation et souhaite améliorer les conditions de sa prise en charge. Parallèlement, l'agence, tout en assurant l'ensemble des missions liées au prélèvement et à la greffe d'organes, de tissus et de cellules, affiche sa volonté d'améliorer l'accès à la greffe et de lutter contre la pénurie d'organes. Enfin, elle mettra à la disposition des professionnels et du public les résultats et les avancées dans ces différents domaines.
1. Voir Le journal du CNRS, n° 179, décembre 2004, "La révolution cellules souches"
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Le succès scientifique Première image d'une planète extrasolaire Une équipe internationale à laquelle participent des chercheurs du CNRS 1 a, pour la première fois, réalisé une image d'une exoplanète en orbite autour d'une jeune naine brune 2. Cet objet, situé à 230 années-lumière de la Terre, avait été détecté en 2004 par l'instrument Naco 3 du Very Large Telescope du Chili, détection confirmée ensuite par le télescope spatial Hubble de la Nasa. Mais pour prouver que c'était bien une planète et non un objet situé en arrière-plan, les astrophysiciens ont dû réaliser des observations à des époques différentes. Et finalement, les dernières images réalisées en février et en mars 2005, toujours grâce à Naco, ont montré que l'objet suit le mouvement de la naine brune, alors qu'il resterait statique s'il était situé plus loin. Il s'agit donc bien d'une planète et de son étoile. www2.cnrs.fr/presse/communique/669.htm 1. Anne-Marie Lagrange et Jean-Luc Beuzit, du Laboratoire d'astrophysique de l'observatoire de Grenoble (CNRS/Université Grenoble I), David Mouillet, du Laboratoire d'astrophysique de l'observatoire Midi-Pyrénées (CNRS / Université Toulouse-III). 2. Étoile de faible masse dite étoile avortée, car trop petite pour que des réactions nucléaires puissent se maintenir dans son cœur. 3. Cet instrument équipe l'un des quatre télescopes de 8 m de diamètre du VLT (Very Large Telescope) de l'ESO (European Southern Observatory). Il est constitué d'un système d'optique adaptative et d'une caméra travaillant dans le proche infrarouge. |
Prix d'économie
Elyes Jouini, professeur à l'université Paris-IX Dauphine et chercheur au Centre de recherche de mathématiques de la décision (CNRS / Université Paris-IX) vient de recevoir, ex aequo avec Esther Duflo, professeur au Massachussetts Institute of Technology de Cambridge, le prix 2005 du meilleur jeune économiste attribué par Le monde économie et le Cercle des économistes. Normalien, agrégé de mathématiques, cet ancien boursier originaire de Tunisie est spécialiste des marchés financiers.