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L'avion du futur se construit aujourd'hui
L'aéronautique a un peu plus d'un siècle, et que de progrès réalisés sur une période aussi brève, entre l'avion des frères Wright, qui effectuait son premier vol de 59 secondes le 17 décembre 1903, celui de Louis Blériot, qui traversait la Manche en 35 minutes le 25 juillet 1909, et le magnifique vol inaugural de l'Airbus A380, le 27 avril dernier ! Ces évolutions spectaculaires démontrent, s'il en était besoin, l'extraordinaire capacité des hommes à surmonter les problèmes, à réussir les aventures technologiques les plus difficiles et à s'organiser pour produire et intégrer dans des délais toujours plus courts des véhicules d'une complexité toujours plus grande. Ces avancées reposent en grande partie sur le développement extraordinaire de la recherche aéronautique et plus largement sur l'avancement de la science et de la technologie. La conception et la réalisation des avions impliquent une étonnante combinaison de disciplines dans une recherche constante de l'optimum. On pourrait penser que le secteur, ayant atteint une certaine maturité, pourrait désormais se contenter de progrès moins marquants. Les dernières années ont montré qu'il n'en était rien. Les grands défis subsistent, mais sous une autre forme. La performance nécessite toujours l'aérodynamique la plus poussée – celle qui va assurer la meilleure finesse –, les structures les plus légères – celles qui vont donner le meilleur rendement structural – et la consommation la plus réduite – qui sera obtenue avec le meilleur rendement de propulsion. Mais il faut aussi traiter des problèmes induits : celui du bruit et des émissions de polluants, celui de la congestion des aéroports et de l'espace aérien et celui de la sécurité des systèmes embarqués. Une évolution remarquable est issue d'avancées majeures en matière d'avionique.
Le CNRS, vivier pour l'innovation dans de nombreuses disciplines, est fortement impliqué sur tous ces sujets au travers de ses laboratoires et par le biais d'actions d'envergure : Réseau de recherche aéronautique sur le supersonique (RAES), Initiative sur la combustion avancée (Inca), Initiative de recherche pour l'optimisation acoustique aéronautique (Iroqua), Méthodes avancées en ingénierie mécanique (Maia). Toutes ces actions sont menées en étroite collaboration avec les différents acteurs de l'aéronautique, industriels ou organismes de recherche, comme la Snecma, l'EADS, Airbus, l'Onera l'Inria, Eurocopter, Dassault Aviation, Alcan-Pechiney, le Cena ou Eurocontrol… Les laboratoires du CNRS sont aussi présents dans les multiples consortiums de recherche européens mis en place dans le cadre des PCRD successifs. En tout, ce sont des dizaines d'équipes de l'organisme et des centaines de chercheurs qui participent quotidiennement à la genèse de l'avion du futur. Pour que celui-ci s'adapte à certaines évolutions inévitables (comme, par exemple, le remplacement du kérosène, bientôt épuisé) et qu'il soit toujours plus fiable, plus sûr et, bien entendu, plus respectueux de son environnement. Autant d'ambitions aujourd'hui assumées par la recherche.
Ce numéro du Journal du CNRS donne un échantillonnage de quelques-unes de ces activités. Dans un monde où le transport aérien prend une place toujours plus grande, les problèmes d'environnement, la conception structurale, le choix des matériaux et les exigences de sécurité sont au centre des préoccupations des chercheurs. Comme on pourra le constater, la recherche aéronautique est bien présente dans les unités du CNRS et elle s'organise autour de grands projets fédérateurs impliquant tous les acteurs du domaine.