
Puissance économique importante, le Royaume-Uni est un grand pays scientifique. En 2003, il représente à lui seul 8 % des publications mondiales et 12,5 % des brevets de l'Europe des 15. Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, le gouvernement, constatant une crise profonde, s'est engagé dans une politique volontariste. Il accorde en effet un intérêt croissant à la recherche et au développement. Bilan de cette prise de conscience : le budget aura plus que doublé entre 1997 et 2008. Le temps où la recherche était considérée comme « la mal-aimée » est révolu. Pour encourager cet effort, le ministère des Finances britannique a présenté le 12 juillet 2004 « un plan d'investissement pour la recherche et l'innovation ». L'un de ses principaux objectifs est de faire passer d'ici à 2014 les dépenses en recherche et développement de 1,9 % à 2,5 % du PIB et la part du secteur public de 0,66 % à 0,8 % du PIB. Parmi ses autres priorités, on note aussi le renforcement et l'intensification du taux d'innovation1 et le maintien de la recherche universitaire (infrastructures, salaires, financement des coûts de recherche indirects, etc.). Le défi est aujourd'hui de permettre aux chercheurs et enseignants chercheurs, engagés majoritairement en contrats à durée déterminée de trois, puis de cinq ans, d'obtenir des postes permanents. L'essentiel de la recherche britannique s'effectue dans les universités. Le Royaume-Uni en possède d'excellentes à Londres, Oxford, ou encore Cambridge et Edimbourg. Leur financement est effectué par huit conseils de recherche (RC)2, placés directement sous le contrôle de l'Office of Science and Technology (OST)3.
© Royal Society
Géraldine Véron
Partenaires
La British Academy, partenaire du CNRS au Royaume-Uni, est un organisme de recherche. Institution indépendante et autonome, elle a été fondée par « charte royale » en 1902 sous le titre d'« Académie britannique pour la promotion des études historiques, philosophiques et philologiques ». Sa spécialité : les sciences de l'homme et de la société. Ses membres sont des chercheurs élus pour leur renom et leurs réalisations scientifiques. Autre partenaire du CNRS, son homologue, la Royal Society, dédiée aux sciences dites « dures » (sciences exactes et sciences naturelles). Ces deux institutions, lointains équivalents de l'Académie des sciences en France, influencent la politique scientifique nationale et internationale. La British Academy et la Royal Society sont responsables des échanges de chercheurs avec des organismes étrangers (subventions, bourses, etc.).
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en chiffres > Budget de la science pour 2005 à 2008 : 14,4 milliards d'euros. Avec pour priorités : les biotechnologies, le changement climatique, les nanotechnologies et la promotion de la collaboration entre universités, industrie et infrastructures. > Avec 1,9 % du PIB attribué à la recherche et au développement en 2004, le Royaume-Uni se situe derrière l'Allemagne, la France, le Japon et les États-Unis, qui investissent plus de 2 % de leur PIB dans la R&D. Objectif du Royaume-Uni : atteindre 2,5 % du PIB en 2014. > 155 000 chercheurs et enseignants chercheurs en équivalent temps plein en 2003, soit 5,5 pour 1 000 habitants. > Plus de 3 000 copublications franco-britanniques, dont près de la moitié avec le CNRS, en 2003. > Une cinquantaine de projets conjoints avec le CNRS prévus en 2005, dont 1 projet international de coopération scientifique (Pics), 13 groupements de recherche européens (GDRE) et 2 laboratoires européens associés (LEA). |
1. « Competing in the global economy : the innovation challenge », plan d'action publié par le ministère du Commerce et de l'Industrie (DTI) le 17 décembre 2003.
2. Ce sont des agences de moyens. Certaines ont en outre leurs propres laboratoires de recherche.
3. L'OST élabore la politique de la science : il coordonne l'ensemble de la recherche et attribue le budget des RC, des instituts de recherche et d'autres établissements gouvernementaux. Il est rattaché au ministère de la Science, lui-même rattaché au ministère du Commerce et de l'Industrie.
Anne d'Albis, Directrice adjointe des relations européennes et internationales, Paris, anne.dalbis@cnrs-dir.fr