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Concertation

Le « Projet pour le CNRS » au fil des mois

Les relations avec la société et les entreprises font partie des 12 chantiers lancés à l'été 2004 dans le cadre du Projet. Le groupe de travail « Culture scientifique et communication vers le grand public », animé par Pablo Jensen (1), vient de remettre son rapport, et Jean-Marie Schwartz (2) livre ses premières conclusions sur l'expertise institutionnelle.

La culture scientifique et technique est indispensable aux citoyens pour penser notre société imprégnée de technologie. Sa diffusion fait partie des missions statutaires de notre organisme, mais qu'en est-il vraiment ? Pablo Jensen a eu l'idée de « faire parler » les Crac (comptes rendus annuels d'activité des chercheurs) : il en ressort que 24 % des chercheurs font au moins une action de vulgarisation par an (SPM, SDV, SC : 18 %, SHS : 41 %). Une analyse plus fine3 permet d'identifier trois sous-populations :

-          la « majorité silencieuse » : 76 % de chercheurs qui ne vulgarisent jamais ou presque ;

-          une « minorité ouverte » : 21 % de chercheurs qui communiquent 1 à 2 fois par an ;

-          les « semi-professionnels » : 3 % qui vulgarisent plus de 6 fois par an.

Ces trois populations requièrent des mesures d'incitation différenciées : des « correspondants information » dans chaque laboratoire pour motiver la majorité silencieuse ; des outils pratiques pour aider la minorité ouverte, tels qu'en fournit déjà la direction de la communication ; enfin, l'activité des semi-professionnels, qu'ils soient chercheurs, ingénieurs ou techniciens, doit faire l'objet d'une véritable évaluation, que le groupe propose de confier à une instance spécialisée, et d'une reconnaissance institutionnelle du CNRS.

 

Au total, le rapport propose la mise en œuvre d'une dizaine de mesures innovantes, parmi lesquelles :

-          inscrire la communication dans les « contrats de laboratoire » ;

-          instituer une « médaille d'argent » de la vulgarisation ;

-          réserver un « 1 % culturel » sur le budget des programmes de recherche.

Quant à la production d'expertise institutionnelle, la question, déjà ancienne, de son dispositif au CNRS a fait l'objet de travaux antérieurs au Projet. À partir de ces travaux, Jean-Marie Schwartz a conduit des entretiens approfondis avec les principaux dirigeants scientifiques et administratifs du CNRS, ainsi qu'avec des responsables de structures chargées d'animer cette fonction au sein d'autres établissements, et en a dégagé des principes de base :

-          l'expertise collective institutionnelle est entreprise sous la responsabilité du CNRS, qui en assume la maîtrise d'œuvre ;

-          elle répond à une demande ;

-          elle fait appel à un collège de scientifiques de disciplines diverses, appartenant ou non au Centre, pour établir une synthèse de l'état des connaissances sur le sujet traité, incluant le cas échéant une description des doutes ou des controverses ;

-          sauf exceptions, les rapports d'expertise auront une large diffusion publique.

En engageant son crédit, le CNRS apporte, au commanditaire et au public, une garantie fondée sur une méthodologie rigoureuse et un contrôle de qualité sévère. C'est à cette condition que l'expertise institutionnelle du CNRS permettra de mieux situer l'organisme dans l'action publique et d'éclairer le débat quasi permanent sur le principe de précaution.

 

FHM

Notes :

1. Chercheur au LPMCN de Villeurbanne (unité de recherche mixte CNRS / Université de Lyon).
2. Chargé de mission pour l'évaluation au département des sciences physiques et mathématiques (SPM).
3. Cette analyse a fait l'objet d'une lettre dans la revue Nature du 21 avril 2005.


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