
Physique de la matière condensée
« Les billes de carbone naissent au matin sur les nanotubes comme des perles de rosée sur la toile d'une araignée »1. Les premiers mots d'un poème ? Plutôt une façon imagée de dépeindre le travail de recherche de Claire Berger et de ses collègues physiciens, principalement français et américains2. C'est par hasard, en étudiant des tubes de carbone au microscope, que l'équipe du professeur Walt de Heer observe pour la première fois la présence de petites billes. Ces quelques gouttes de carbone remettent en question la formation des nanotubes. On supposait, jusqu'à présent, qu'ils se constituaient à partir de vapeur de carbone et non de carbone liquide. Composés d'un ou plusieurs plans de graphite enroulés sur eux-mêmes, ces « cylindres » de carbone pur sont très longilignes : leur longueur est de plusieurs microns et leur diamètre de 1 à 50 nanomètres3. Pour obtenir © D.Ugarte De haut en bas : Gouttes de rosée perlant sur une toile d'araignée. Perles de carbone amorphe sur les nanotubes (microscopie électronique à balayage). La taille des perles est de 100 à 300 nm. 
Perles de carbone amorphe sur les nanotubes (microscopie électronique à transmission), montrant que les billes recouvrent les nanotubes intacts.
Géraldine Véron
1. Dessin humoristique réalisé par Gzav pour le site internet Futura-Sciences.
2. Du Laboratoire d'études des propriétés électroniques des solides (CNRS) à Grenoble, du Groupe de dynamique des phases condensées (CNRS / Université Montpellier-II) et de l'Institut de technologies de Géorgie à Atlanta.
3. Un millionième de millimètre.
4. État désordonné de la matière, opposé à l'état cristallin.
Claire Berger, Laboratoire d'études des propriétés électroniques des solides, Grenoble, berger@grenoble.cnrs.fr