
Budget CNRS 2005
© S.Scaglia
La dotation du CNRS inscrite en loi de finances 2005 prévoit un montant égal pour les autorisations de programmes (AP) et les crédits de paiements (CP). Notre organisme retrouve ainsi en 2005 une situation saine qui lui permet de « tourner la page » après des années difficiles marquées par une très mauvaise couverture des AP par de « vrais crédits ». Surtout, l'année 2005 amorce un renversement de tendance important : après une dégradation pratiquement continue depuis vingt ans, la dotation d'État rapportée au nombre de chercheurs titulaires remonte très sensiblement en 2005, et revient à un niveau qu'elle n'avait plus atteint depuis le début des années quatre-vingt-dix. Le CNRS retrouve ainsi une marge de manœuvre qu'il avait perdue dans la période récente.
Hors masse salariale, le budget primitif 2005 du CNRS repose sur une prévision du montant des recettes et des dépenses de l'année à hauteur de 790 M€ (dont 460 M€ sur subvention d'État et 330 M€ sur ressources propres), avec une stabilisation du niveau des reports. Cet objectif fixé pour le montant des dépenses de fonctionnement et d'investissement en 2005 est en hausse d'environ 10 % par rapport à 2004.
· Budget 2005 : priorité aux laboratoires
J'ai présenté au conseil d'administration du CNRS les choix de la direction pour le « budget par destination » 2005, c'est-à-dire pour la répartition des autorisations d'engagements sur crédits d'État. En grandes masses1, cette répartition est présentée dans le tableau 2. Après plusieurs années où ils avaient été réduits, les investissements bénéficient d'une augmentation importante en 2005 (11,5%), consacrée notamment aux opérations immobilières, pour tenir les engagements pris dans le cadre des contrats de plan État-région, et surtout aux très grands équipements scientifiques, en particulier à la construction de la source de rayonnement Synchrotron Soleil.
Au-delà des investissements, la priorité du budget 2005 porte sur la dotation des unités de recherche, en hausse de 11,4% par rapport à 2004. Cette progression ne s'appliquera pas uniformément : elle tient compte des priorités de la politique scientifique du CNRS, et privilégiera nettement les laboratoires dont les travaux de recherche se situent au meilleur niveau international. En particulier, la répartition des crédits attribués aux laboratoires, aux départements scientifiques et instituts nationaux (IN2P3 et Insu) fait apparaître une modulation importante, liée aux priorités de la politique scientifique du CNRS. La dotation de chaque département augmente d'au moins 5 % par rapport au budget réel 2004, et quatre secteurs bénéficient d'une priorité. L'augmentation par rapport à 2004 se situe entre 7 et 8% pour les Stic2, SDU3 + Insu (au titre de la priorité donnée aux recherches sur l'environnement) et SHS4 (qui est, de très loin, le domaine où la dotation par chercheur est la plus faible). Le département SDV5, quant à lui, bénéficie d'une priorité très vigoureuse avec une augmentation de 26% pour soutenir ce domaine dans lequel les coûts de la recherche ont considérablement augmenté et où l'écart entre les moyens accordés aux laboratoires du CNRS et ceux dont disposent les équipes d'autres institutions, à l'étranger et même en France, s'est beaucoup accru ces dernières années.
· Chercheurs titulaires : une politique de recrutement plus ciblée
Le CNRS prévoit de recruter, en 2005, 411 chercheurs titulaires (voir tableau 1), principalement des chargés de recherche, mais aussi une trentaine de seniors, directeurs de recherche. Les emplois ouverts au concours ont été répartis entre les départements scientifiques de la manière suivante :
• 289 postes répartis au prorata des effectifs, pour assurer dans chaque domaine un « taux de jouvence » à hauteur de 2,5 % de l'effectif ;
• 45 postes répartis au titre de « prime à la mobilité externe », au prorata des contributions des départements à la mobilité externe des chercheurs du CNRS ;
• 77 emplois répartis en fonction des priorités de politique scientifique.
Ces derniers sont ciblés sur trois des cinq secteurs interdisciplinaires prioritaires retenus en 2002 dans le projet d'établissement et le contrat d'action pluriannuel6.
La priorité pour les sciences du vivant ne s'exprime pas en termes de recrutements supplémentaires de chercheurs, mais par une priorité fortement affirmée en matière de crédits et d'équipements, et de personnels ITA pour le support à la recherche.
Cette politique de recrutement de chercheurs, avec des priorités plus ciblées que par le passé, place le CNRS en situation de redéployer en cinq ans, via les recrutements, environ 4% de son effectif de chercheurs permanents, au bénéfice des trois secteurs prioritaires, tout en garantissant à chaque communauté scientifique un recrutement de base minimal. Il faut rappeler à ce sujet que la mobilisation du CNRS sur les thèmes prioritaires de sa politique scientifique ne passe pas seulement par des recrutements neufs, mais aussi par les inflexions et les réorientations thématiques des chercheurs déjà recrutés.
· La campagne de recrutement ITA : plus de soutien aux laboratoires
Les événements qui ont marqué l'année 2004, et l'accroissement de l'âge moyen de départ à la retraite ont conduit le CNRS à recruter sensiblement plus d'ingénieurs, techniciens et administratifs (ITA) qu'il n'a eu de départs. De ce fait, l'organisme ne pourra remplacer en 2005 que 83 % des agents qui partiront à la retraite, avec une campagne de recrutement portant sur 571 emplois. Dans ce contexte difficile, la campagne de recrutement ITA de 2005 est cependant infléchie en fonction des priorités de la politique d'établissement. Notamment, le taux de remplacement est limité à 62% pour les « moyens communs » (l'administration du siège et des délégations régionales), au profit des laboratoires, et 30 postes sont redéployés vers les domaines scientifiques prioritaires.
· Jeunes chercheurs : plus de 240 postdoctorants pour les laboratoires
Le montant dédié aux ATIPE et aux autres actions « Jeunes » a notablement progressé (70%). De plus, le CNRS recrutera en 2005 au moins 240 postdoctorants. Ces recrutements seront très majoritairement orientés vers les cinq secteurs interdisciplinaires prioritaires décrits dans le projet d'établissement et le contrat d'action pluriannuel.
· Ouverture : 140 postes d'accueil de haut niveau
Hors la filière d'accueil postdoctoral, le nombre total de nouveaux accueils réalisés en 2005 sera proche de 140 (s'appuyant essentiellement sur 110 nouvelles possibilités d'accueil en « CDD sur crédits d'État » créés en loi de finance 2005 et sur 25 emplois de chercheurs réservés pour des accueils en détachement). Selon les orientations du « Projet pour le CNRS », une forte priorité sera accordée au développement de l'accueil des enseignants-chercheurs des universités et des écoles. Ces accueils concerneront aussi des scientifiques étrangers, ainsi que des spécialistes industriels et des « ingénieurs sur projets ». Ainsi, avec les moyens dont il dispose aujourd'hui, le CNRS est à même de garantir le bon fonctionnement des laboratoires et de mettre en œuvre les priorités de sa politique scientifique.
Bernard Larrouturou, Directeur général
Pour plus d'informations, voir sur le site du CNRS : http://www2.cnrs.fr/band/276.htm.
1. En millions d'euros, hors masse salariale et hors crédits destinés à l'action sociale et à la formation permanente qui sont financées sur crédits de personnels.
2. Département des Sciences et Technologies de l'information et de la communication.
3. Département des Sciences de l'Univers.
4. Département des Sciences de l'homme et de la société.
5. Département des Sciences du vivant.
6. Information, communication et connaissance : 35 postes ; Environnement, énergie et développement durable : 27 postes ; Nanosciences, nanotechnologies et nanomatériaux : 15 postes.