
© N.Tiget/CNRS
2005 : Année mondiale de la physique
Ce numéro du Journal du CNRS contient un dossier de 20 pages consacré à des domaines fascinants et non résolus de la physique. Sa date de parution coïncide pratiquement avec le lancement de l'Année mondiale de la physique. On peut se demander les raisons du choix de cette année pour une telle manifestation. Tout d'abord, l'occasion en est donnée par le centenaire de l'année quasiment « miraculeuse » pendant laquelle ont été publiées trois découvertes révolutionnaires d'Einstein concernant les photons, la relativité et le mouvement brownien. Cependant, les objectifs de cette Année mondiale de la physique vont bien sûr au-delà d'une simple commémoration, aussi importante soit-elle. On peut considérer qu'ils sont de trois ordres :
• mieux communiquer vers le grand public sur les avancées récentes de cette discipline scientifique majeure. Ici, le but principal est de stimuler l'intérêt que peuvent porter les jeunes aux carrières scientifiques, ce qui est essentiel pour l'avenir de notre pays ;
• ouvrir un débat prospectif sur les grands enjeux de la recherche scientifique au XXIe siècle. Bien qu'en recherche fondamentale les prévisions soient très risquées, voire impossibles, ceci devrait constituer une aide précieuse pour définir les orientations à soutenir ;
• cerner les enjeux sociaux de toute nature qui sont liés aux avancées de la physique. Une clarification en ce sens devrait permettre de convaincre les responsables politiques de l'importance de la recherche en physique pour la société.
En effet, on a peut-être oublié un peu rapidement qu'une grande partie des avancées technologiques marquantes du XXe siècle sont redevables à la physique : invention du transistor, ordinateurs et lasers, Web, imagerie médicale… On pourrait penser que cet état de grâce est en voie de se terminer, mais c'est peu probable. Par exemple, les nanosciences et nanotechnologies sont considérées par beaucoup comme l'un des moteurs du développement économique de demain. De toute façon, beaucoup de concepts et d'instruments élaborés par des mathématiciens et physiciens semblaient lors de leur découverte n'avoir aucun intérêt pratique. Ce n'est en général que plusieurs années, voire plusieurs dizaines d'années plus tard, que des applications inattendues et souvent extrêmement fécondes en ont été tirées. Le CNRS a participé avec succès (et continue de le faire) à ce progrès des sciences de base et ce, au plus haut niveau international, comme en témoignent les indicateurs pertinents. Dans ce contexte, nos objectifs sont donc les suivants :
• poursuivre dans cette voie d'avancée des connaissances, vitale pour le développement de notre pays, tout en progressant encore sur le plan qualitatif ;
• amplifier en même temps notre stratégie d'ouverture vers les autres sciences, les recherches technologiques finalisées et les grands problèmes de société ;
• renforcer le couplage recherche-formation, déjà fort en mathématiques mais largement perfectible en physique. C'est une condition essentielle pour assurer le meilleur niveau scientifique à nos élites ;
Pour ce faire, notre politique est, depuis un certain nombre d'années déjà, une politique volontariste d'organisation et de structuration de la communauté scientifique au niveau national, basée sur la qualité des recrutements et des équipes au regard de la compétition internationale ainsi que la cohérence des orientations scientifiques et des arbitrages au niveau régional et national. Le CNRS a ainsi mis en place, pour les mathématiques, ou conforté, pour la physique, un ensemble de laboratoires et de réseaux de grande visibilité internationale. Cette politique se fait en harmonie avec celle des partenaires universitaires et industriels avec lesquels la concertation doit encore être renforcée.
En conclusion, notre politique scientifique se doit d'assurer un équilibre harmonieux entre avancée des connaissances (par exemple les problèmes non résolus évoqués dans ce journal) et ouverture vers les autres disciplines et les applications industrielles.
Pour en savoir plus :
Site Web du département SPM : www.spm.cnrs-dir.fr
Site Web de l'IN2P3 : institut.in2p3.fr
Site Web de l'Année mondiale de la physique : www.physique2005.org