
Le pays est également cité par une étude de l'OCDE, comme le « modèle » à suivre en matière de politique de recherche scientifique et de coopération entre recherche et industrie. La Finlande a en effet introduit une forte notion de compétition entre ses laboratoires, en partie à travers l'attribution du label de « centre d'excellence ». Aujourd'hui, la moitié du budget alloué à ses vingt universités l'est à la suite de procédures compétitives. Une formule qui semble marcher puisque ce petit pays s'est hissé au 4e rang du nombre de publications par habitant. Si ses principaux partenaires scientifiques sont aujourd'hui l'Allemagne, les États-Unis et le Japon, la France côtoie aussi ce bon élève depuis longtemps. Un premier accord permettant des échanges de chercheurs a été signé dès 1974 entre le CNRS et l'Académie de Finlande (AF), principale agence de moyens du pays qui évalue et finance des projets de recherche fondamentale ; un nouvel accord, signé en juin 2003, doit permettre de structurer davantage la coopération. Le Tekes, agence nationale pour le développement technologique, finance quant à lui la recherche appliquée, notamment celle du VTT, le prestigieux établissement de recherche technique. De plus, l'association franco-finlandaise pour la recherche scientifique et technique (AFFRST) se charge de promouvoir les relations bilatérales entre les deux pays en organisant de nombreux symposiums sur des sujets d'intérêt communs ; son vice-président, Francis Jutand, a été le 1er directeur du département « Sciences et technologies de l'information et de la communication » du CNRS. Malgré une organisation très efficace, la recherche d'un pays de 5,1 millions d'habitants ne peut prétendre à l'excellence dans tous les domaines. La Finlande s'est donc fixé des priorités de recherche dans les secteurs porteurs que sont les sciences de l'information et de la communication ainsi que les biotechnologies. La coopération avec la France, très active ces dernières années, s'est orientée autour la médecine, de la recherche agricole et forestière, du nucléaire et des technologies de l'information ; elle concerne donc l'ensemble des organismes publics de recherche français. C'est ainsi que deux projets (Pics) ont été mis en place entre le CNRS et des laboratoires de l'Université de Technologie de Helsinki (HUT). Le premier implique un laboratoire de l'Institut FEMTO-ST1 de Besançon et le département « Physique des matériaux » de HUT, spécialisés dans le domaine de l'ultrasonique ; il devrait aboutir à des applications sur le marché des télécommunications dans la gamme des radiofréquences. Le deuxième Pics concerne le laboratoire CREATIS2 de Villeurbanne et le Laboratory of Biomedical Engineering de l'HUT ; son but est d'améliorer les diagnostics et le traitement des pathologies cardiaques. En plus de ces projets, les chercheurs finlandais rencontrent ceux du CNRS pour des actions multilatérales conjointes : les programmes-cadre successifs de la Commission européenne, un engagement accru dans l'ESO, etc. Le président de l'AF, Raimo Vaÿrynen, a ainsi déclaré en août que les seuls échanges de chercheurs n'étaient plus suffisants et qu'il fallait aller plus loin pour instaurer l'Europe de la recherche.
Géraud Chabriat
Partenaires
Le partenaire privilégié du CNRS dans le pays est l'« Académie de Finlande ». Placée sous la tutelle du ministère de l'Éducation, elle planifie, évalue et finance les projets de recherche fondamentale des 20 universités avec un budget d'environ 200 millions d'euros. C'est elle aussi qui labellise les laboratoires finlandais susceptibles d'être compétitifs sur la scène internationale. Les « centres d'excellence » sont actuellement au nombre de 26 dans des domaines divers : ils regroupent plusieurs unités de pointe, souvent pluridisciplinaires, organisées autour d'un objectif clair. De plus, l'Académie de Finlande finance la mobilité des doctorants à travers des programmes spéciaux.
en chiffres :
>Le nombre de doctorants formés chaque année a doublé depuis 10 ans, il est actuellement de 1 200 dont 45 % de femmes.
>2 projets internationaux de coopération scientifique (Pics) en cours avec le CNRS.
>Le personnel R&D est passé de 46 000 à 70 000 en 10 ans.
>Le budget R&D total de la Finlande représente 15 % de celui de la France.
>La Finlande publie 0,95 % de la production mondiale d'articles scientifiques contre 5,2% pour la France.
1. Franche-Comté électronique mécanique et optique.
2. Centre de recherche et d'application en traitement de l'image et signal.