
États généraux : ce que veulent les chercheurs
À Grenoble, la communauté scientifique s'est rassemblée autour de 24 propositions de réforme – classées en quatre volets – nourries par de très nombreux débats en région et par diverses contributions. L'ensemble a été présenté par le Pr. Édouard Brézin, vice-président de l'Académie des sciences et président, avec le Pr. Étienne Émile Beaulieu, du CIP1.
Le premier de ces volets touche à l'organisation nationale de la recherche. Les chercheurs proposent notamment la création d'un grand ministère de la Recherche, de l'Enseignement supérieur et de la Technologie associé à un Haut Conseil de la science. Composé en grande partie de scientifiques et de représentants de la société civile, celui-ci aurait pour rôle de dispenser des avis publics et de conseiller le gouvernement sur les lois de finance, les programmes nationaux et internationaux, les équilibres entre disciplines, les grands équipements, etc. L'agence nationale de la recherche, dont la création est annoncée dans le dernier projet de loi de finances, a fait l'objet de débats animés.
Le deuxième volet a pour ambition de replacer l'université au cœur de la recherche publique. Comment ? Tout d'abord par une réforme de la gouvernance des universités afin que celles-ci élaborent une véritable politique de recherche. Le rapport prône également un rapprochement avec les grandes écoles, la création de Pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) et une réforme de l'organisation de l'évaluation.
Le troisième volet concerne le fonctionnement et le financement de la recherche. La création d'un Comité de financement des projets scientifiques (CoFiPS), qui se consacrerait tant aux programmes multidisciplinaires qu'à des projets originaux plus personnels, est proposée. Par ailleurs, les chercheurs demandent une augmentation notable des crédits qui pourrait atteindre un milliard d'euros supplémentaire chaque année pendant cinq ans. Ils souhaitent également des mesures qui simplifieraient la gestion administrative de la recherche, accusée aujourd'hui de la pénaliser.
Enfin, la dernière partie du rapport a trait à l'emploi, aux carrières et aux différents statuts des personnels de la recherche. Parmi les propositions-phare, la mise en place d'un plan pluriannuel pour attirer les jeunes vers les emplois scientifiques fait l'unanimité. De même, le rapport préconise une réduction de moitié du temps consacré à l'enseignement pour les nouveaux maîtres de conférence, ainsi que des modulations des charges d'enseignement au profit des projets de recherche des enseignants-chercheurs.
Toutes ces propositions, tirées de l'ensemble des débats de ces derniers mois, ont été approuvées à la quasi-unanimité par les neuf cents chercheurs et autres représentants de la communauté scientifique présents à Grenoble. Elles ont été remises le 9 novembre au gouvernement, qui dispose ainsi de la vision des acteurs de la recherche pour préparer la future loi d'orientation et de programmation, prévue dans les prochains mois.
Matthieu Ravaud
Nouvelles perspectives pour un vaccin contre le Sida
Des équipes du CNRS et de l'Institut Pasteur ont obtenu des anticorps de lapin capables de bloquer in vitro l'infection de lymphocytes T humains par différentes souches du virus du Sida, le VIH-1. Publiée dans la revue Immunity du 16 novembre 2004, cette première est une étape intéressante dans le développement d'un vaccin contre le Sida. Dans le monde, une nouvelle personne est infectée toutes les six secondes.
Le communiqué de presse est en ligne : www2.cnrs.fr/presse/communique/587.htm
2005, une année très physique
Un siècle après la publication des travaux d'Albert Einstein, l'année 2005 sera placée dans le monde entier sous le signe des sciences physiques. Au menu, de nombreuses manifestations pour faire connaître les avancées et les enjeux de ce domaine si vaste. Le lancement international de l'Année de la physique aura lieu à Paris, au siège de l'Unesco, du 13 au 15 janvier prochains. Un site est consacré à cet événement majeur.