Moteur de recherche

 

Retour au sommaire

Le prochain tube à la mode

La jeune start-up Nanoledge1 a une mission : concevoir des matériaux aux propriétés exceptionnelles. Pour cela, Nanoledge a une arme redoutable : le nanotube de carbone. Une sorte de pavage constitué d'hexagones d'atomes de carbone replié sur lui-même pour former un cylindre creux. Une molécule aux propriétés étonnantes : cent fois plus résistante et six fois plus légère que l'acier. « Les nanotubes ont encore bien d'autres atouts, explique Julien Roux, responsable du « business development », ils possèdent des caractéristiques de conductivité électrique et thermique remarquables. On peut y stocker des molécules et les faire répondre par un mouvement à une stimulation électrique ». Résultat : en intégrant ces nanotubes de carbone dans des résines polymères ou des solvants, il est possible d'améliorer les propriétés de certains matériaux composites, voire de leur en ajouter. Encore faut-il savoir les fabriquer. Nanoledge, du haut de ses trois ans, sait faire. Elle est leader européen pour la production de nanotubes de carbone2. Forte de son expertise, l'entreprise co-développe, avec ses partenaires industriels, les matériaux dans lesquels seront intégrés ses nanotubes. Une activité prometteuse qui a très vite attiré tous les regards, notamment ceux des industries automobiles, aérospatiales ou électroniques.

nanotubes en carbone

© Nanoledge

Nanotubes de carbone qui serviront à créer une fibre aux propriétés techniques révolutionnaires


N°160-161

Lancé en 1999 à l'initiative des chercheurs du laboratoire GDPC3 de Montpellier, le projet Nanoledge a, en effet, démarré sur les chapeaux de roues : double lauréat du concours de création d'entreprise innovante en 1999 et 2000. La société a finalement été créée en 2001 après avoir reçu une licence les autorisant à utiliser le procédé de synthèse de nanotubes développé par le laboratoire. C'est encore un laboratoire du CNRS qui les aide aujourd'hui à passer à l'étape supérieure : transférer les formidables propriétés moléculaires des nanotubes à l'échelle macroscopique. Ils sont en bonne voie puisque un premier matériau composé à 100 % de nanotubes devrait voir le jour en 2006. Cette fibre, qui leur a valu le prix Université-Entreprise de la région Languedoc-Roussillon en 2002, est développée avec le CRPP4. Elle surpassera les fibres de renforts des matériaux existantes et donnera lieu à de nombreuses applications dans le textile et les polymères renforcés ainsi que d'autres plus futuristes comme le muscle artificiel.

Nanoledge peut compter sur ses sept brevets et son savoir-faire pour jouer un rôle majeur dans le développement de la technologie des nanotubes. Les investisseurs ne s'y sont pas trompés, le mois de juin 2004 a marqué la seconde grande levée de fond pour l'entreprise.

 

Géraud Chabriat

 

 

Attention !

M. Barois, directeur du Centre de Recherche Paul Pascal (CRPP), souhaite préciser qu'il n'existe plus de coopération entre Nanoledge et le CRPP depuis novembre 2003.

 

Notes :

1. Nanoledge a été créée par un groupe de jeunes ingénieurs de l'Institut des Sciences de l'ingénieur de Montpellier.
2. Elle produit des nanotubes mono-parois, i.e. constitués d'un seul cylindre.
3. Groupe de Dynamique des phases condensées à Montpellier.
4. Centre de recherche Paul-Pascal à Bordeaux

Contact

Julien Roux, Nanoledge, Montpellier, julien.roux@nanoledge.com


Haut de page

Retour à l'accueilContactcreditsCom'Pratique