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Les nouveaux cieux du Cnes

Les 6 et 7 juillet 2004 à Paris, les murs de la Maison de la chimie ont abrité les discussions de deux cent trente chercheurs et ingénieurs du Cnes, du CNRS et d'autres organismes partenaires. Entre une volonté appuyée de poursuivre les programmes en cours et le désir d'ouvrir de nouvelles thématiques, ce séminaire de prospective s'est conclu par des recommandations destinées à orienter les programmes scientifiques du Cnes. Petit tour d'horizon non exhaustif des souhaits de la communauté pour la recherche spatiale française des dix ans à venir.

 

Sonde mars CNES

© Illustration D.Ducros/ESA

Les chercheurs du CNES vont poursuivre l'exploration de Mars en y posant un atterrisseur


Concernant l'étude de l'Univers, la communauté spatiale a manifesté son intérêt pour les vols en formation : « ce principe – l'instrumentation est distribuée sur plusieurs satellite, dont les positions et les orientations sont mutuellement asservies – permettrait par exemple de disposer d'un interféromètre en orbite ou d'appareils d'observation à très grandes distances focales » explique Richard Bonneville, responsable du Programme « étude et exploration de l'Univers » au Cnes. Par ailleurs, les astronomes ont fait part de leur volonté de découvrir la nature de la matière et de l'énergie noires. Les mystères de la couronne solaire et des sprites, ces phénomènes électriques lumineux présents au-dessus des orages, sont également à percer. Enfin, la planète Mars reste la star des planétologues et les projets internationaux d'y poser un atterrisseur pour y mener des expériences in situ font l'unanimité. Confrontés à l'abandon programmé de la Station spatiale internationale, les chercheurs en sciences de la vie et de la matière se placent dans la perspective de missions humaines de longue durée et demandent la Lune ou Mars.
« Ces disciplines s'interrogent sur le comportement des fluides dans les systèmes spatiaux ou celui de l'organisme humain dans l'espace », analyse Richard Bonneville.

 

Les sciences de la planète ne sont pas en reste : « la mesure de la pollution troposphérique1 à partir de données spatiales, la mise au point d'outils pour une meilleure mesure du relief des terres émergées, et de capteurs infrarouges pour modéliser le fonctionnement de la végétation figurent parmi nos souhaits », confie Daniel Vidal-Madjar, responsable du programme « Observation de la Terre » au Cnes. Les chercheurs aimeraient également instaurer une observation plus fréquente et précise des zones côtières, et se pencher sur les champs de houle océanique dans le but d'améliorer la sécurité maritime. Assurément, et sous ces nouveaux cieux, la recherche spatiale est à des années-lumière de la panne d'inspiration.

 

Matthieu Ravaud

 

Notes :

1.La troposphère est la région de l'atmosphère la plus proche du sol.

Contact

Richard Bonneville, Cnes, Paris, richard.bonneville@cnes.fr
www.cnes.fr


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