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Stratégie

Vers l'Europe de la Recherche

Cap sur l'Europe, l'espace où se joue l'avenir de la recherche française ! », le ton est donné lors du colloque « Europe de la recherche : objectif 2010 », organisé par le CNRS les 8 et 9 juillet derniers avec la participation de plus de 500 chercheurs, responsables d'organismes européens, industriels et politiques. Un discours offensif et cohérent, puisque le premier organisme de recherche en Europe avait déjà intégré cette dimension dans son projet de réforme présenté en mars dernier. Mais il n'y a pas de temps à perdre, c'est dès à présent qu'il faut développer l'Espace de l'Europe de la Recherche. Bernard Larrouturou, directeur général du CNRS a clairement affiché sa stratégie pour  « européaniser » davantage l'organisme : des réunions de prospective ouvertes à des partenaires de tout le continent européen, Russie comprise, un processus d'évaluation européen, des pôles régionaux d'excellence de niveau mondial pour attirer les meilleurs scientifiques et des entreprises innovantes, des partenariats avec le monde industriel et la construction d'instruments européens à l'image du Cern ou de l'ESO.

Pour appuyer cette politique européenne volontariste, quatre actions sont essentielles : tout   d'abord, accroître la mobilité et l'attractivité des chercheurs. « En 2015, le CNRS doit être européen avec un quart de scientifiques de nationalité étrangère », a déclaré le directeur général en clôturant le colloque. Les chercheurs français doivent également s'ouvrir davantage à la coopération internationale pour accroître leurs échanges : Bernard Larrouturou propose une année sabbatique pour favoriser la mobilité à court terme, le développement de structures scientifiques communes avec des organismes de recherche européens et la création de laboratoires au-delà de nos frontières, à l'image de l'unité mixte internationale, spécialisée en mathématiques, créée à Vienne avec nos partenaires autrichiens.

Le directeur du CNRS a rappelé, ensuite, l'importance de la place de l'organisme dans la politique européenne communautaire, à travers sa forte participation au 6e PCRDT et sa contribution notable à l'élaboration du 7e PCRDT qui débutera en 2007. Bernard Larrouturou a aussi fait part de sa vision très positive de la création de l'« European Research Council » (agence de moyens européenne) qui permettra à toutes les équipes de recherche de répondre à un appel d'offre européen, sans obligation de transnationalité, ni d'autres critères que l'excellence, le risque et la cohérence scientifique. Un outil qui devrait favoriser la compétition européenne. Autre action envisagée, la formation et la communication scientifique à destination des jeunes, à un niveau européen. Le CNRS soutiendra notamment des écoles thématiques et des écoles d'été. Mais tout cela ne pourra se faire que par le biais de partenariats renforcés avec d'autres établissements européens, comme, à titre d'exemple, la Max Planck Gesellschaft, institut avec lequel le CNRS entretient des relations privilégiées et qu'il  ouhaite encore renforcer.

 

Stéphanie Bia


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