
Le mini-générateur solaire d'Odeillo
Les chercheurs du laboratoire Promés1 de Font-Romeu Odeillo testent depuis le mois de juin un mini-générateur électrique solaire de 10 kW. Il est constitué d'un miroir parabolique qui concentre les rayons du soleil et alimente, via un récepteur à haute température, un moteur transformant la chaleur en énergie mécanique. Déjà plus efficace que les cellules photovoltaïques, les deux années d'étude prévues à Odeillo devraient améliorer encore ses performances. Par ailleurs, un laboratoire européen dans le domaine des procédés de conversion de l'énergie solaire concentrée sera créé cet automne et devrait permettre la mise en place d'un programme de recherche à long terme sur ces systèmes non polluants.
1. Procédés, Matériaux et Énergie Solaire.
Contacts:
Jean-Michel Gineste, gineste@imp.cnrs.fr
Alain Ferrière, ferriere@imp.cnrs.fr
Du nouveau sur le fonctionnement de la mémoire
Des chercheurs du LNC1 viennent de publier des travaux2 qui précisent le fonctionnement de la mémoire à long terme chez la souris. Ils ont pu identifier les régions cérébrales intervenant dans le stockage et le rappel des souvenirs de l'animal. Ces zones sont distinctes de celles qui permettent le rappel d'informations récentes. D'autre part, certains mécanismes cellulaires de la réorganisation des réseaux neuronaux ont également pu être mis en évidence. Ces travaux ouvrent la voie à de nouvelles stratégies de traitement des troubles de la mémoire à long terme chez l'homme.
1. Laboratoire de neurosciences cognitives, CNRS/université Bordeaux 1.
2. Dans la revue Science du 2 juillet 2004.
Contacts :
Bruno Bontempi, b.bontempi@lnc.u-bordeaux1.fr
Georges Di Scala, g.discala@lnc.u-bordeaux1.fr
L'antimatière prise en flagrant délit… d'asymétrie
Mais où est donc passé l'antimatière ? Au moment du Big Bang, l'Univers contenait tout autant de matière que de son supposé contraire. Aujourd'hui, nada : toutes les observations montrent que l'Univers n'est constitué que de matière. Depuis les années 60, les physiciens pensent que le déséquilibre qui s'est établi au cours de l'histoire de l'Univers entre les proportions de matière et d'antimatière vient de subtiles différences de comportement entre les deux. En résumé, l'antimatière1 ne serait pas l'exacte symétrie2 de la matière et les connaissances actuelles ne permettent pas encore de comprendre pourquoi cette dernière a pris le dessus. Grâce à l'expérience BaBar3, menée au Stanford Linear accelerator Center (Slac, Californie), des physiciens, dont plusieurs de l'IN2P3 du CNRS, viennent de démontrer une différence spectaculaire de désintégration entre particules et antiparticules. L'accélérateur du Slac provoque des collisions entre électrons et anti-électrons (positons) qui produisent en abondance des particules dénommées mésons B et son antiparticule anti-B. Ces objets rares ont une durée de vie brève et se désintègrent à leur tour en particules plus légères, comme les pions et les kaons ; ce sont ces désintégrations que l'expérience BaBar est capable de détecter et de comptabiliser. En examinant minutieusement les désintégrations de plus de 200 millions de paires de mésons B et d'anti-B, les physiciens ont dénombré 910 désintégrations de mésons B contre seulement 696 désintégrations de mésons anti-B. Un résultat qui indique une flagrante asymétrie de comportement et une avancée significative dans l'explication du mystère de la disparition de l'anti-matière.
1. Les antiparticules sont la seule preuve expérimentale de l'existence de l'antimatière.
2. La violation de symétrie est une des conditions nécessaires pour rendre compte des proportions inégales de matière et d'antimatière dans l'Univers.
3. La collaboration Babar regroupe environ 600 physiciens et ingénieurs de 75 instituts de recherche dans le monde.
Contact :
Jacques Chauveau, Laboratoire de physique nucléaire et de hautes énergies, chauveau@in2p3.fr