Moteur de recherche

 

Retour au sommaire

Les émotions aux commandes

Jouer avec les émotions, c'est le quotidien de Paula Niedenthal, directrice de recherche au Lapsco, le Laboratoire de Psychologie sociale et cognitive de Clermont-Ferrand. Mais dans quel but ? Si l'influence de l'état émotionnel sur notre perception de l'environnement est un concept acquis, Paula Niedenthal va plus loin dans ses interrogations. Cette influence s'étend-elle jusqu'à la façon dont est catégorisée l'information en mémoire ? « Pour susciter l'émotion voulue, je fais passer aux sujets des morceaux de musique classique ou des extraits de films et vidéo. Ce qui marche très bien pour susciter la joie, ce sont les images des Champs-Elysées le soir de la victoire de la France lors de la Coupe du monde de football de 1998. Il est évident que notre matériel a été pré-testé et qu'il a été démontré à maintes reprises qu'il induisait réellement les émotions en question », explique la chercheuse.

L'émotion suscitée est ressentie pendant environ un quart d'heure au cours duquel Paula Niedenthal soumet le sujet à différents tests. Un des résultats obtenus prouve que nous regroupons effectivement les objets et les événements propres à notre expérience dans des catégories fondées uniquement sur leur tonalité émotionnelle. Nous classons ainsi un morceau de musique qui nous réjouit dans la même catégorie que les gâteaux de notre grand-mère ou tout autre souvenir agréable.

D'autre part, Paula Niedenthal a montré que des sujets placés dans un état émotionnel particulier avaient tendance à restituer les souvenirs d'une tonalité identique à celle de l'état ressenti. C'est par exemple ce qu'il se produit lorsque, contrariés par des heures passées dans les transports en commun, nous commençons à penser à toutes les situations passées au cours desquelles nous nous sommes mis en colère : dispute avec son conjoint, mesquineries d'une amie… L'effet était d'autant plus fort qu'il s'agissait d'états positifs, comme la joie. La chercheuse souligne également que l'émotion agit sur la stratégie de traitement de l'information : « Lorsque nous éprouvons un état émotionnel positif, nous traitons les informations de façon heuristique, moins profonde que lorsque nous sommes tristes. » À l'inverse, plus nous sommes tristes, plus nous serions concentrés et aptes à prendre en compte toutes les informations à notre disposition. Ainsi lors d'un entretien d'embauche, mieux avoir à faire à un examinateur triste qui analyse objectivement toutes les informations à notre sujet. Un juré d'humeur joyeuse pourrait avoir tendance à nous juger de manière superficielle…

 

Julie Coquart

Contact

Paula Niedenthal, Lapsco, Clermont-Ferrand, niedenthal@srvpsy.univ-bpclermont.fr


Haut de page

Retour à l'accueilContactcreditsCom'Pratique