
Thaïlande
Le Temple du Bouddha d'émeraude à Bangkok
© Getty Images
Aujourd'hui, toutes les conditions sont réunies pour que la Thaïlande devienne une puissance régionale en matière de Recherche et Développement : elle a renoué avec la démocratie et la stabilité politique, et la crise économique de 1997 n'est plus qu'un mauvais souvenir. Ce pays, dont la superficie et la population sont comparables à celles de la France, parie sur la recherche scientifique et technologique pour poursuivre et amplifier son fulgurant développement économique. Pour cela, le royaume s'est donné comme objectif de faire passer le budget de la recherche scientifique de 0,22 % du PIB en 2002 à 0,4 % à l'horizon 2006 et de multiplier par dix le nombre de chercheurs dans le même temps. La Thaïlande dispose d'excellentes universités comme celle de Kasetstart, Chulalongkorn et Mahidol situées à Bangkok et celle de Chiangmai, située dans le Nord du pays. La recherche scientifique est financée par une agence de moyens, le Thailand Research Fund (trF), placée directement sous l'autorité du premier ministre. Parmi les secteurs privilégiés, on trouve les biotechnologies car le pays est essentiellement agricole et veut augmenter sa productivité. Par ailleurs, la Thaïlande dispose de régions couvertes de jungles ou de marais. La biodiversité thaïlandaise est exceptionnelle et il existe une intense activité scientifique afin de l'étudier et de la protéger. Comme la plupart des pays émergents de l'Asie, la Thaïlande investit aussi dans les technologies de pointe. De grands programmes en informatique et en chimie mobilisent les chercheurs. Lorsqu'on parle de collaboration scientifique entre la France et la Thaïlande, il ne s'agit pas d'une aide au développement mais d'un véritable partenariat entre organismes de recherche mis sur un pied d'égalité. Le CNRS est l'institution française la plus présente. Le 20 janvier 2004, il a reconduit pour trois ans un important accord avec le Thailand Research Fund qui lui ouvre les portes des laboratoires des universités thaïlandaises. Le CNRS a aussi participé en mars dernier à la 4e réunion du comité franco-thaïlandais sur la formation supérieure et la recherche qui avait pour but de mieux structurer les échanges scientifiques et de permettre à des étudiants thaïlandais de venir dans des laboratoires français.

© E. Buffetaut/CNRS Photothèque
Reconstitution d'un dinosaure sauropode, à Phu Wiang, en Thaïlande.
Sebastián Escalón
| Partenaires Le principal partenaire du CNRS en Thaïlande est le trF (Thailand Research Fund). Le trF est une agence de moyens qui finance les activités de recherche des universités et autres centres scientifiques. L'institution choisit les secteurs scientifiques à privilégier, comme l'étude et la protection de l'environnement ou les applications industrielles de la recherche scientifique. En fonction de ces grandes lignes, le trF finance la recherche fondamentale et appliquée. Par ailleurs, le trF a conçu un programme, le Royal Golden Jubilee PhD program, qui a pour objectif de produire 5 000 docteurs d'ici 2011. Le 20 janvier dernier, le CNRS a reconduit pour 3 ans son accord avec le trF. Ces accords permettent au CNRS de collaborer avec des laboratoires thaïlandais comme ceux de la faculté de Médecine tropicale de Bangkok et le département d'étude géologique de Bangkok. |
En chiffres
> Dépenses de la Thaïlande en Recherche et Développement en 2002 : 11 065 millions de Bahts
(230 millions d'euros) soit 0,22 % du PIB.
> Part du PIB que la Thaïlande investira en R&D à l'horizon 2006 : 0,4 %.
> 25 100 chercheurs ou ingénieurs travaillant en Recherche et Développement (1996).
> 32 co-publications France/Thaïlande, dont 10 du CNRS.
> 50 missions de chercheurs du CNRS en Thaïlande.
>5 080 doctorants en 2001.
Minh-Hà Pham-Delègue
Responsable Inde-Asie-Pacifique
mh.pham@cnrs-dir.fr