
Valorisation
« L'association Ecrin1 par l'intermédiaire de ses clubs, de ses actions et de ses autres activités a une vocation : faciliter les rencontres entre des personnes issues du milieu de la recherche et de l'industrie et qui ont soit un problème à résoudre, une idée à valoriser ou une thématique à explorer », lance Bernard Hamonic, responsable de la valorisation à Ecrin et chargé du partenariat avec les PME à la DAE2. Les clubs Ecrin ont aujourd'hui plus de trente ans. Coordonnés depuis 10 ans par l'Association Ecrin, ils ont été créés en 1973 par le CNRS à l'initiative d'Hubert Curien alors directeur général et de Pierre Creyssel qui le secondait. Avec un but essentiel : ouvrir la recherche publique à l'industrie. Une volonté qui a trouvé depuis un large écho.
Aujourd'hui en effet, Ecrin compte une quinzaine de clubs, une dizaine d'actions ciblées et réunit près de deux cents adhérents parmi lesquels plus de quatre-vingts entreprises, de la multi-nationale à la start-up, plus de cinquante organismes de recherche et de transfert de technologies, une dizaine de grandes écoles et environ quatre-vingts laboratoires universitaires. Chaque club, piloté par un bureau3, réunit des industriels et des chercheurs autour d'une problématique scientifique et/ou économique commune, déterminée par les adhérents. « Les clubs mettent en relation des personnes qui ne se seraient pas rencontrées autrement, commente Philippe Leprince, chercheur au Laboratoire de physique des gaz et des plasmas du CNRS et membre du club Pise4 depuis huit ans. Nos groupes de travail sont formés non pas autour d'une technologie mais autour d'un objectif, par exemple le traitement de l'air. De cette façon, ils fédèrent des disciplines très différentes. Par l'échange des connaissances, cela permet de progresser pour un problème donné vers les solutions les plus appropriées. L'association est faite pour des chercheurs qui ne se cantonnent pas à leur spécialité. Pour moi, c'est une double ouverture : vers l'industrie et vers les autres disciplines ». Pour favoriser cette approche pluridisciplinaire, l'activité d'Ecrin est répartie en grands domaines. Il en existe huit actuellement : agroalimentaire, biotechnologie et santé, matériaux, énergie, environnement, organisation et société, risques, transports. Bientôt deux nouveaux domaines seront ajoutés : Tic5 et économie. En plus de réunions régulières, chaque club organise des séances plénières au cours desquelles sont abordés des sujets en lien avec le domaine d'étude. Les résultats obtenus prennent des formes diverses. Ils peuvent se traduire par la publication d'ouvrages, par exemple. Mais dans certains cas, le travail peut aboutir à la mise en place de programmes avec parfois une recherche de financement. « Dans le club Pise, par exemple, notre travail nous a permis d'obtenir des financements par le ministère de la Recherche », témoigne Philippe Leprince. « Pour ma société, commente Thierry Sindzingre, directeur d'Acxys Technologies, PME qui fabrique des équipements plasma pour le traitement de surface, notre participation à Ecrin s'est concrétisée par le montage de projets communs et parfois des collaborations plus étroites. L'association à travers le club nous permet de faire connaître notre société et d'être à l'écoute de toutes les nouveautés qui sont susceptibles de nous intéresser ».
Outre un lieu de rencontre et d'échange d'informations, les clubs ont un rôle prospectif et prescripteur. Ils peuvent faire émerger des actions et donner des orientations pour l'avenir. « Les personnes qui participent aux activités d'Ecrin ont un profil particulier, commente Bernard Hamonic. Ce sont d'un côté des chercheurs qui sont sensibilisés au transfert de technologies et de l'autre, des entreprises qui ont une culture de l'innovation ».
Stéphanie Belaud
| Les autres activités d'Ecrin Des projets sont menés sous forme d'« Actions ». Ils sont alors commandés et financés par un adhérent. Les Actions répondent à des demandes ponctuelles. Tout chercheur CNRS peut s'inscrire et participer gratuitement aux Clubs. Des Journées Ecrin sont organisées pour explorer de nouveaux thèmes et présenter des résultats. Par ailleurs, divers supports ont été créés pour rassembler et diffuser les connaissances scientifiques et techniques : la revue Ecrin, les lettres spécialisées, la collection « Les cahiers des clubs Ecrin » et le site web (www.ecrin.asso.fr). |
1. Échange et coordination recherche-industrie.
2. Délégation aux entreprises du CNRS.
3. Présidé par un industriel associé à un scientifique de haut niveau.
4. Le club Pise travaille sur les traitements de surface.
5. Technologies de l'information et de la communication.
Bernard Hamonic
bernard.hamonic@cnrs-dir.fr
www.ecrin.asso.fr