
Colloque
Vue d'artiste de l'expérience Chooz 2 qui pourrait démarrer d'ici trois ans et aidera à la compréhesion des neutrinos.
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Ce sera la première fois que cette « biennale » des neutrinos se tiendra en France. Un choix qui, à en croire les organisateurs, ne tient pas du hasard. Les scientifiques de l'Hexagone ont, en effet, très largement contribué, ces dernières années aux progrès enregistrés dans ce secteur. Ils sont également associés à de nombreux programmes de premier plan, en cours ou à l'étude. Fortement impliqué au travers de l'IN2P3, le CNRS a, avec le CEA-Dapnia, beaucoup aidé à établir cette réputation d'excellence française. Entre 1991 et 1995, l'expérience « Gallex » fut notamment fameuse. Installée dans le laboratoire du Gran Sasso sous les Abruzzes italiennes, cette installation européenne a, en effet, permis de confirmer ainsi que de chiffrer le fameux« déficit des neutrinos solaires », cette différence constatée entre les quantités de neutrinos produites par notre astre et celles effectivement relevées grâce aux instruments terrestres. Autre succès : « Chooz ». Publiés en 1998, les conclusions de ce programme franco-italien situé près d'une centrale nucléaire des Ardennes sont aujourd'hui aux 16e rang des citations dans les articles de la discipline. Grâce à eux, les scientifiques de l'expérience japonaise « SuperKamiokande » ont, depuis, pu préciser leurs résultats sur « l'oscillation » du neutrino, cet étrange pouvoir qu'aurait la particule de se « transformer », au cours de son trajet, en l'un ou l'autre de ses différents types : neutrino de l'électron, neutrino du muon ou neutrino du tau.
L'apport de l'IN2P3 à la compréhension de cette entité ne s'arrête pas là. Le laboratoire participe, en effet, à plusieurs programmes internationaux parmi les plus importants.
Il est notamment impliqué dans l'instrument européen « Antarès ». Inauguré en novembre dernier (voir Journal du CNRS n°164-165), ce télescope sous marin de dix hectares est déployé au large de la Seyne-sur-mer (Var). Lorsqu'il aura commencé à recueillir ses premières données en 2006, il tentera de percer les secrets du cosmos en repérant le passage sur Terre des neutrinos produits par les objets les plus « exotiques » de l'Univers : microquasars, trous noirs super-massifs du centre des galaxies ou restes de supernovae. Dans un tout autre genre, « Nemo 3 », également lancé l'année dernière sous le tunnel du Fréjus, apportera des réponses à une autre question concernant le neutrino : forme-t-il une seule et même entité avec l'anti-neutrino ? Enfin, trois grands projets internationaux associant le CNRS devraient voir le jour prochainement. Le premier, « Opéra », débutera en 2006 au tunnel du Gran Sasso. Il consistera à préciser la masse de la particule et à éclaircir un peu le mystère de son « oscillation », en comptant différents types de neutrinos dans un faisceau émis depuis le laboratoire Cern1 à Genève… à 730 kilomètre de là ! Par ailleurs, « Chooz 2 » (la suite de « Chooz ») pourrait démarrer d'ici trois ans. Enfin, last but not least, Michel Spiro, directeur de l'IN2P3 annonce que l'Europe devrait être dotée aux alentours de 2013 ou 2014 d'un nouveau laboratoire franco-italien dans le tunnel du Fréjus. Celui-ci hébergera un détecteur dit « megatonne » semblable à celui de « Superkamiokande ». Mais ce futur équipement sera cinquante fois plus grand que son équivalent japonais ! Si cette installation de 300 à 500 millions d'euros n'est pas entièrement dédiée à l'étude du neutrino, elle pourrait avoir raison de ses derniers secrets.
Vahé Terminassian
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Pour en savoir plus |
1. Centre européen de recherche nucléaire.
Stavros Katsanevas
IN2P3, Paris
katsan@admin.in2p3.fr