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Colloque CNRS

Comment construire l'Europe de la Recherche ?

Depuis deux ans, l'un des Groupes de réflexion stratégique (GRS) du CNRS s'est penché sur la construction de l'Europe de la Recherche. Le 8 et 9 juillet prochain, un colloque, organisé par l'organisme, réunira de nombreux partenaires pour débattre du sujet. Motifs et réflexions de Michel Blanc, président de ce GRS.

« JdC : Les 8 et 9 juillet prochain, le CNRS organise un important colloque sur le thème “Europe de la Recherche : Horizon 2010”. Avec quelles motivations ?
Michel Blanc1
: Pour Gérard Mégie, Président du CNRS et Bernard Larrouturou, Directeur général, la construction d'une Europe de la Recherche est au cœur de la stratégie de l'Établissement. Et le CNRS doit y contribuer activement en favorisant notamment la mise en place d'une politique scientifique européenne en recherche fondamentale qui englobe l'ensemble des domaines scientifiques. La Mission de la stratégie2 et le groupe de réflexion stratégique (GRS) « construction d'un espace européen de la recherche » que j'anime ont la responsabilité de conduire cette réflexion en étroite concertation avec la Direction des relations internationales3. Ce colloque sera ainsi l'occasion pour le CNRS de débattre de ses propositions avec de très nombreux partenaires régionaux, nationaux, internationaux, responsables politiques et parlementaires, directeurs d'organismes, universitaires…

– JdC : À un mois du colloque, comment définissez-vous l'« Europe de la Recherche » et pourquoi vous êtes-vous fixé la date butoir de 2010 ?
M. B. : 2010 est une échéance raisonnable. Elle est adaptée à une réflexion prospective, tout en permettant d'y projeter les actions et les évolutions concrètes du CNRS. Et n'oublions pas que les gouvernements de l'Union européenne se sont fixés cette date – lors de la conférence de Lisbonne – pour faire passer à 3 % la part de leur PIB consacré au budget de la Recherche. L'Europe de la recherche est, aujourd'hui, une nouvelle étape dans la construction européenne. Une étape aussi importante que l'Europe économique, monétaire, etc. C'est un projet réaliste à l'échelle de notre continent pour vivre ensemble la production de connaissances et de savoir-faire nouveaux et les mettre à la disposition de nos concitoyens européens. L'Europe de la Recherche, au-delà du seul programme cadre de R&D de l'Union européenne, doit développer le plus largement possible l'ensemble des modes de coopération qui existent entre les pays, les régions, les organismes de recherche et d'enseignement, les acteurs industriels : coopérations bilatérales et multilatérales, organismes intergouvernementaux, unités mixtes internationales etc. Ses contours géographiques ne peuvent se limiter strictement à l'Union européenne, mais ils doivent anticiper sa dynamique d'élargissement et embrasser autant que possible l'ensemble du continent.

– JdC : Après deux ans de réflexion au sein du GRS, quels sont les grands thèmes qui se sont dégagés et qui constitueront les points forts du colloque ?
M. B. :
Quatre grands thèmes nous ont servi de référence. Pour nous, l'Europe de la Recherche sera une réalité lorsque l'ensemble des personnels formeront une véritable communauté à l'échelle du continent. C'est un objectif premier qui doit être pris en compte dès la formation initiale et se consolider par une  pratique de la mobilité. D'où notre première table ronde « ressources humaines et mobilité ». Ces hommes et ces femmes qui sont amenés à travailler et faire des projets ensemble doivent disposer d'outils de travail, de modes d'organisation conçus dans une perspective européenne. Quels sont-ils, quels sont les plus adaptés aux besoins très divers des différents domaines de recherche ? Ce sera le sujet de la seconde table ronde « outils et structuration de la Recherche ». Nous avons aussi constaté que toute recherche procède d'une démarche de prospective qui définit les questions scientifiques et les défis technologiques auxquels on souhaite répondre. De plus les objectifs et les résultats de cette recherche doivent être évalués. Comment le faire à l'échelle de l'Europe et en profiter pour améliorer notre qualité et notre compétitivité? Ce sera le sujet de la troisième table ronde « Stratégies et évaluation ». Enfin, pour construire l'Europe de la Recherche, il faut énoncer clairement des objectifs motivants pour toute la communauté scientifique, pour les organismes, les responsables politiques, et bénéfiques pour l'ensemble de la société. Elle doit donc être coordonnée par un mode de « gouvernance » qui donnera sa place à chacun et favorisera l'expression de leurs atouts pour la plus grande efficacité. Ce sera l'objet de la table ronde « Nouvelles perspectives pour la recherche européenne ». Le format des débats qui réuniront un représentant du CNRS et des personnalités extérieures d'horizons divers nous laisse espérer des échanges très riches.

JdC : Aujourd'hui en France, une vaste réflexion sur l'avenir de la recherche vient d'être entamée à l'échelle du gouvernement et dans ce cadre, Gérard Mégie et Bernard Larrouturou ont proposé un « Projet » d'évolution du CNRS. Comment ce colloque s'inscrit-il dans cette perspective ?
M. B.
: Bien sûr, nous espérons que les propositions qui émaneront de ce colloque pourront être une contribution utile à la réflexion en cours. Elles seront également une source d'idées qui permettront de préciser le volet « européen » du projet d'évolution du CNRS. Grâce à notre démarche préparatoire qui a associé l'ensemble des acteurs des régions au cours d'ateliers de travail organisés par les délégations régionales, nous sommes convaincus que nos conclusions porteront le reflet des idées formulées par nos labos et leurs partenaires locaux. Une synthèse de toutes ces réflexions régionales sera très prochainement disponible pour l'ensemble des personnels du CNRS.

JdC : Quelles suites comptez-vous donner à cette manifestation ?
M. B.
: Les conclusions de chacune des tables rondes seront éditées puis publiées. L'ensemble des propositions seront diffusées aux partenaires du CNRS et à ses personnels. Elles contribueront à l'élaboration des lignes directrices de l'action européenne du CNRS à l'horizon 2010. Et évidemment j'espère qu'elles seront une contribution utile – c'est notre but premier – à cette construction d'une Europe de la Recherche que nous appelons de nos vœux. »

FHM

Notes :

1. Directeur de l'Observatoire astronomique de Marseille, il est président du GRS « Construction d'un Espace européen de la Recherche ».
2. Consulter le site web
3. Elle conduit la politique européenne du Centre sous la responsabilité du Directeur général.
4. Consulter le site web

Contact

Véronique Brisset-Fontana
Mission de la stratégie, CNRS
veronique.brisset-fontana@cnrs-dir.fr


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