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Ukraine

Une recherche en quête d'alliances

 La profonde crise économique qu'a connue l'Ukraine dans les années 90 a très fortement fragilisé le secteur de la recherche. Il se remet lentement de cette mauvaise passe, en partie grâce à des financements extérieurs qui proviennent notamment d'organismes internationaux comme l'Otan. Grâce aussi aux programmes de coopération avec des pays étrangers. Le reste du financement repose essentiellement sur l'État, car les investissements propres sont quasi inexistants. Et le gouvernement actuel semble vouloir consolider son soutien, puisque lors de la célébration du 85e anniversaire de l'Académie nationale des sciences d'Ukraine (ANSU) – l'homologue du CNRS – en novembre 2003, une augmentation de 40 % du budget de la recherche était annoncée pour 2004. C'est le Conseil de la politique scientifique et technologique qui définit la politique mise en œuvre par le ministère de l'Éducation et de la Science. Ces toutes dernières années, il a ainsi défini quatre grandes priorités scientifiques : les nouveaux matériaux, l'informatique, les biotechnologies et les nouvelles sources d'énergie. Sur le terrain, la recherche fondamentale est principalement assurée par l'ANSU et la recherche appliquée par le Comité d'État pour la politique industrielle. Outre le manque de financement, la recherche ukrainienne est touchée par deux autres problèmes majeurs : le vieillissement de ses chercheurs et la fuite des cerveaux vers les États-Unis. Pour redresser au plus vite son secteur scientifique, l'Ukraine tente donc de renouer avec des partenaires étrangers. La France occupe une place importante parmi eux. Et tout particulièrement le CNRS, qui collabore essentiellement avec son homologue ukrainien, l'ANSU. Le premier accord entre les deux organismes date de 1993 et il vient tout juste d'être renouvelé en février. Cette coopération se fait par le biais d'échanges de chercheurs sur des projets conjoints dans le cadre d'appels d'offre (15 projets environ sont financés chaque année pour un budget total de près de 50 000 €) et dans le cadre du PAI Dnipro1 (18 projets sur 25 ont impliqué le CNRS pour le premier appel d'offre). Des projets qui concernent principalement les sciences physiques et mathématiques. Cette coopération se traduit également par deux Pics2, un GDRE3 et trois réseaux Eco-Net4. La collaboration du CNRS avec l'Ukraine est ainsi loin d'être négligeable. Et si la production scientifique de ce pays est relativement constante depuis 1995, la coopération avec la France, et particulièrement celle avec le CNRS est plutôt en augmentation. Le renouvellement de l'accord de février dernier en est la preuve.

Partenaires
Créée en 1918, l'Académie nationale des sciences d'Ukraine (ANSU) compte 12 départements : mathématiques, informatique, mécanique, astronomie, sciences de la terre, physique des matériaux, énergie, chimie, biologie moléculaire/biochimie, biologie générale, économie et histoire/philosophie/droit. Elle regroupe près de 200 instituts et organismes de recherche dont la moitié dans la seule ville de Kiev. Elle représente 13 000 chercheurs. L'Académie est gérée par le Presidium et l'Assemblée des 480 académiciens. Elle est présidée par Boris Paton depuis 1962.

En chiffres
> Budget de l'État pour la recherche : 1,7 % du PIB. Avec l'objectif de 3 % en 2010, conformément aux normes de l'Union européenne.
> 41 000 chercheurs et plus de 200 000 chercheurs universitaires pour 49 millions d'habitants.
> 133 co-publications entre l'Ukraine et la France en 2002, dont plus de la moitié (75) co-publiées avec le CNRS.
> 2 Pics2 en cours : un en chimie et un en sciences humaines et sociales. 1 GDRE3 en physique nucléaire et corpusculaire. 3 réseaux Eco-Net4 : un en chimie, un en sciences humaines et sociales, et un en science et technologie de l'information et de la communication.

 

Stéphanie Belaud

Notes :

1. Les PAI (programmes d'actions intégrées) du ministère des Affaires étrangères ont pour objectif de développer les échanges scientifiques entre deux pays. Le PAI Dnipro est le programme d'actions intégrées franco-ukrainien.
2. Pics : projet international de coopération scientifique.
3. GDRE : groupement de recherche européen.
4. Le programme Eco-Net, géré et financé par le ministère des Affaires étrangères, a pour objectif d'accompagner la construction de l'Espace européen de la recherche et de favoriser son ouverture aux pays des Balkans occidentaux, à la Russie et aux nouveaux États indépendants, en positionnant la France comme point d'entrée.

Contact

Anne d'Albis
Directrice adjointe Europe
anne.dalbis@cnrs-dir.fr
Christiane Pavel
Responsable Europe centrale
et Europe orientale,
christiane.pavel@cnrs-dir.fr
Patrick Le Fort
Responsable Moscou
patrick.le-fort@m.astelit.ru


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