
Du nouveau sur les courants en Méditerranée
À partir d'observations satellitaires et faites sur le terrain, des chercheurs du Laboratoire d'océanographie et de biogéochimie (CNRS et Ifremer) remettent en cause le schéma admis jusqu'ici de la circulation des masses d'eau peu profondes dans le bassin oriental de la Méditerranée, c'est-à-dire à l'est de la Sardaigne. Habituellement, les courants marins de surface étaient décrits comme traversant le bassin dans sa partie centrale. Les océanographes ont montré que la circulation s'effectue en fait le long des côtes, dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, comme dans le bassin occidental. Ils ont mis aussi en évidence la formation, au sud du bassin, de tourbillons qui peuvent atteindre 200 km de diamètre et se déplacer de plusieurs kilomètres par jour parfois pendant trois ans. Ces travaux pourraient permettre de mieux comprendre la dispersion des polluants en mer et avoir des applications pour la pêche et la navigation sportive.
Contact : Isabelle Taupier-Letage, itaupier@ifremer.fr
Découverte de très anciens bijoux
La datation des couches archéologiques ne laisse aucun doute : 41 petits coquillages percés, découverts dans la grotte de Blombos en Afrique du Sud par Francesco d'Errico et Marian Vanhaeren, préhistoriens au CNRS1, datent de 75 000 ans. Leur étude révèle qu'ils ont été utilisés comme objet de parure. Traditionnellement attribuée aux premiers hommes modernes arrivés en Europe il y a 35 000 ans, la date de l'invention des bijoux est ainsi sérieusement remise en cause. Cette découverte semble indiquer que les hommes modernes d'Afrique australe possédaient déjà, il y a 75 000 ans, une pensée symbolique.
1. Chercheurs à l'Institut de préhistoire et de géologique du quaternaire et à « Archéologie et sciences de l'antiquité, ethnologie préhistorique ».
Contacts :
f.derrico@ipgq.u-bordeaux1.fr
vanhaere@mae.u-paris10.fr
Internet : le tiercé gagnant
Pour aider les chimistes dans leur recherche d'information sur Internet, des chercheurs du Laboratoire des systèmes interactifs à l'échelle nanométrique (CNRS et université Paris VI) ont réalisé un classement des trois meilleurs métamoteurs, des outils qui interrogent simultanément plusieurs moteurs de recherche. Avec en entrée le mot clé RMN (Résonance magnétique nucléaire), une technique utilisée en chimie, Copernic, Profusion et Ixquick sont arrivés en tête. Les critères de sélection étaient la pertinence des réponses et le choix des options de recherche.
Contact : Vincente Viossat, viv@ccr.jussieu.fr
Du nouveau sur les dégénérescences cérébrales
Les chercheurs pensaient que lors d'accidents vasculaires cérébraux, la libération massive de glutamate par les cellules en manque d'oxygène semblait jouer un rôle direct dans la mort des neurones et l'extension des lésions les jours suivant le traumatisme. Ils en ont aujourd'hui la preuve… mais chez la mouche. Une équipe du CNRS dirigée par Serge Birman au Laboratoire de génétique et physiologie du développement (CNRS/Inserm/Université de la Méditerranée) a en effet démontré les effets toxiques de l'accumulation du glutamate dans le cerveau de la drosophile. Comment ? Les chercheurs savent que le glutamate est utilisé comme neurotransmetteur mais est aussi un puissant neurotoxique chez les mammifères. Ils savent aussi que ce sont des protéines transporteurs qui maintiennent les taux de ce neurotransmetteur sous le seuil de toxicité. En bloquant l'activité du transporteur de glutamate chez la mouche, les chercheurs ont alors provoqué une accumulation de ce neurotransmetteur dans son cerveau. Résultat : les mouches présentent des anomalies du comportement. Elles sont léthargiques et leur cerveau présente des signes de dégénérescence. Ces résultats indiquent que la mouche peut être utilisée pour étudier la toxicité du glutamate dans le cerveau. Un modèle pour comprendre son rôle dans les dégénérescences cérébrales chez l'homme.
Contact : birman@ibdm.univ-mrs.fr