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Bio Delivery Systems

Les peptides, sources de médicaments

Créée il y a seulement deux ans par cinq chercheurs1, la société Bio Delivery Systems (BDS) qui compte déjà une dizaine d'employés est en passe de signer des contrats de collaboration importants avec de grandes industries pharmaceutiques. Spécialisée dans le développement de médicaments à base de peptides pour le traitement de maladies auto-immunes, tumorales, bactériennes et virales, BDS s'appuie notamment sur les travaux menés au Laboratoire d'immunologie et chimie thérapeutiques (ICT) de Strasbourg et sur

bio delivery

© CNRS Photothèque

Modélisation d'un peptide d'une protéine spliséosomique (à gauche). Son analogue modifié (à droite) réduit la quantité d'anticorps trop importante dans le cas du lupus érythémateux disséminé. Ce peptide est ainsi un médicament potentiel pour cette maladie auto-immune.


ceux du GDR2 « Chimie et immunologie des peptides-médicaments » concernant les vertus thérapeutiques de ces petits fragments de protéines. Choisis de manière adéquate, ils peuvent mimer une ou plusieurs fonctions de la protéine entière. « Depuis longtemps, explique Sylviane Muller, directrice du laboratoire ICT et co-créatrice de BDS, nous recherchons des peptides capables de moduler la réponse immunologique. Il s'agit de réduire la production d'anticorps, trop nombreux dans les maladies auto-immunes et de les augmenter pour provoquer une réponse immunitaire plus efficace dans les autres cas. Nous avons créé BDS afin de valoriser nos travaux et d'en poursuivre le développement au-delà de la recherche académique ». À l'heure actuelle, chaque fois qu'un peptide intéressant est découvert, un brevet est déposé par les organismes-tutelles puis exploité par BDS. La jeune société assure  entre autres la prise en charge des essais pré-cliniques de ces nouvelles molécules. Les chercheurs ont récemment découvert un peptide potentiellement efficace dans le traitement d'une maladie auto-immune, le lupus érythémateux disséminé qui touche une femme sur deux mille aux États-Unis. Aucun traitement spécifique n'existe actuellement. BDS a entrepris les phases pré-cliniques de tests sur des personnes atteintes. « La société va certainement voir son effectif augmenter », commente Sylviane Muller qui malgré le succès de BDS a préféré continuer son activité de chercheuse par passion. Sylviane Muller n'en est pourtant pas à son coup d'essai. Déjà, en 1986, elle a fait partie des créateurs de Neosystem. Cette société qui produit des peptides thérapeutiques selon des normes GMP3 pour l'industrie pharmaceutique et la recherche académique emploie aujourd'hui une centaine de personnes à Strasbourg et dans sa filiale américaine. Forte de cette première expérience, Sylviane Muller et ses collègues n'ont pas hésité à se lancer une nouvelle fois dans l'aventure. Avec raison.

Stéphanie Belaud

Notes :

1. Trois chercheurs du Laboratoire « Immunologie et chimie thérapeutiques » de Strasbourg, un chercheur de l'Institut Cochin (CNRS/Inserm) et un chercheur du CEA.
2. Ce groupement de recherche (GDR) est dirigé par Jean-Gérard Guillet.
3. Good manufacturing practices.

Contact

Sylviane Muller
ICT, Strasbourg
s.muller@ibmc.u-strasbg.fr
Bio Delivery Systems
Robert Zimmer, Mulhouse,
r.zimmer@datacomm.ch


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