
Création d'entreprise
L'incubateur de Montpellier accueille à ce jour 4 porteurs de projets.
© CNRS
À Montpellier, six individus côtoient chaque jour étudiants, chercheurs et enseignants sur les pelouses du campus de la route de Mende. Mais au moment de pénétrer dans l'amphithéâtre ou de gagner les laboratoires, ceux-ci se détournent et rejoignent leur bureau : ils sont les premiers porteurs de projets hébergés par le nouveau site d'incubation du CNRS. Leur objectif ? Profiter de l'aide de l'organisme pour créer leur entreprise dans les meilleures conditions avant de se lancer définitivement. Parmi ces scientifiques créateurs d'entreprise, Olivier Le Noan travaille sur un système de location de logiciels sur Internet destiné au grand public. Sa société, Ocenix, permettra bientôt de les payer moins cher, ou plutôt au juste prix, qui est fonction du temps passé à les utiliser.
Créé le 1er novembre 2003 par le CNRS et le Conseil général de l'Hérault, le site d'incubation accueille à ce jour quatre projets qui ont tous trait aux NTIC1 : « Il n'y a pourtant aucune thématique privilégiée pour l'accueil des porteurs de projets sur le site du CNRS, analyse Danielle Grangé, responsable du service du partenariat et de la valorisation de la délégation Languedoc-Roussillon. Ce sont plutôt les caractéristiques du lieu, composé de bureaux, qui nous ont guidés. Et c'est vrai qu'ils conviennent bien au NTIC. Pour les projets en Science de la vie ou en Sciences de l'ingénieur, les sites équipés de laboratoires sont plus adaptés… » Si l'utilisation de crédits publics pour le développement d'entreprises privées en étonne certains, qu'ils se rassurent ! « Notre priorité se porte sur ce que j'appelle “l'essaimage” des laboratoires CNRS de notre région, précise Danielle Grangé. Pour être sélectionné, un projet doit se fonder sur une technologie ou un savoir issu de nos laboratoires : nous déposons alors un brevet et accordons une licence à l'entreprise en développement. »
La création du site de la route de Mende s'inscrit dans la participation très active de la délégation du CNRS au programme « Languedoc-Roussillon Incubation » (LRI) lancé après la loi sur l'innovation de juillet 1999. Le but ?
Aider les jeunes pousses d'entreprises à prendre vie et à se lancer sur le marché. Heureusement, le terreau est riche : le LRI s'est construit sur la complémentarité et la collaboration volontariste des différents instituts de recherche et des pépinières d'entreprise de la région. Et là, chacun son rôle : si les universités et les organismes comme le CNRS sont à même de permettre à un projet de prendre corps du point de vue technologique, les pépinières sont des structures d'hébergement expertes dans l'accompagnement sur les aspects économique, administratif et management. Au total, depuis 2001 et le début de l'activité réelle du LRI, cinquante-neuf projets ont été incubés. La délégation du CNRS peut également se féliciter de la mise en place d'une disposition très intéressante pour les jeunes scientifiques : les bourses de Docteur créateur, co-financées par le CNRS et la région, offrent un salaire à des docteurs pendant une période maximale de dix-huit mois, le temps pour eux de créer leur propre entreprise.
Ainsi, ce sont en tout vingt nouveaux projets qui sont incubés chaque année en Languedoc-Roussillon. « Le taux de chômage de cette région contraste avec son très fort potentiel en matière de recherche, confie Danielle Grangé. La création d'emplois est donc naturellement devenue notre sacerdoce. » Les résultats parlent d'eux-mêmes : depuis 2001, vingt-six entreprises accompagnées par le LRI ont été créées grâce à cette mobilisation exemplaire.
Matthieu Ravaud
1. Nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Danielle Grangé
Délégation Languedoc-Roussillon, Montpellier grange@dr13.cnrs.fr