
Réflexion
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« Quel est le rôle exact du Copé au sein du CNRS ?
Michel Imbert : Le Copé a été mis en place en 1991 par le Département des Sciences de la vie pour satisfaire aux demandes éthiques et déontologiques de ses chercheurs. Ils peuvent directement saisir le Copé en matière de législation. S'il s'agit de problèmes de recherche avec l'homme, avant la mise en place de protocoles dans leurs labos, les chercheurs joindront la cellule éthique. Pour les études animales, ils s'adressent au chargé de mission du comité qui a reçu l'agrément du ministère de la Recherche pour vérifier les conditions d'expérimentation dans les laboratoires. Nous servons également d'intermédiaires entre les chercheurs et les différents comités d'éthique créés en région par le ministère de la Recherche dans les disciplines biomédicales humaines et animales. Je représente enfin le CNRS avec deux membres du Comets3, au sein d'un comité inter-organismes qui regroupe des représentants des organismes français de recherche (CNRS, Inserm, ENS, AP-HP, Inra, IRD, Ifremer, CEA, CNES) et dont le but est notamment d'offrir au niveau européen une plus grande visibilité de l'éthique en France.
- Vous êtes en poste depuis septembre 2003. Quelles nouvelles impulsions allez-vous donner au Copé ?
M.I. : Sa compétence s'élargira à des domaines connexes aux sciences de la vie comme les sciences humaines ou les technologies de l'information. En effet, lors des expérimentations réalisées sur les personnes, la déontologie et l'éthique doivent prévaloir, en respectant consentement et confidentialité. Par ailleurs, j'ai planifié une école d'automne qui comporte trois jours de formation à l'éthique et se tiendra fin septembre 2004 en Midi-Pyrénées. Je projette également d'organiser des conférences internationales en liaison avec le Comets, le département et sa cellule communication, sur « les enjeux des sciences du vivant » où il y aura débat entre deux spécialistes étrangers et leurs homologues du CNRS. Cela devrait donner lieu à publication. Je souhaite aussi mieux sensibiliser les nouveaux entrants, chercheurs et ITA. Ensuite, je veux insister sur le rôle d'aiguillon du Copé, en interne aussi bien qu'en externe, notamment sur le plan de la formation et de la culture scientifique. En outre, nous pourrions envisager de constituer un lien entre la recherche fondamentale et le grand public, en diffusant largement une lettre de bio-éthique. Enfin, je souhaite faire du Copé un comité toujours placé sous la tutelle du département des sciences de la vie, mais aussi sous celle du Comets3 car il pourra ainsi bénéficier autant des compétences des sciences du vivant que de la légitimité du Comets.
- À ce propos, quelle est l'articulation du Copé avec le Comets, le comité d'éthique du CNRS ?
M.I. : Il existe entre les deux comités une grande différence. Alors que le Comets ne peut être saisi que par lui-même, la Direction générale ou la Présidence du CNRS, le Copé conseille les chercheurs qui l'interrogent
lorsqu'ils ont des difficultés éthiques ou
déontologiques. Comme tous les comités d'éthique, les avis du Comets et du Copé sont consultatifs. »
Propos recueillis par Stéphan Golcberg
1. Michel Imbert est aussi professeur émérite à l'université Pierre et Marie Curie et titulaire de chaire de neurosciences cognitives à l'IUF (Institut universitaire
de France).
2. École des hautes études en sciences sociales.
3. Comité d'éthique en sciences du CNRS (voir Journal du CNRS n°162-163 p. 31).
Michel Imbert
michel.imbert@ens.fr
Questions éthiques :
ethique.sdv@cnrs-dir.fr
Questions d'expérimentation animale :
puget@ipbs.fr
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