
Enquête
Pour avoir une vision complète du monde de la recherche en France, il ne suffit pas de connaître les données sur les chercheurs. Il faut également s'intéresser aux 25 500 Ita (Ingénieurs, techniciens et administratifs) dans les EPST (Établissements publics, scientifiques et techniques) et aux quelques 40 000 Itarf (Ingénieurs, techniques, administratifs de recherche et de formation), Atoss (Administratifs, techniques, ouvriers, de service et de santé) et personnels des bibliothèques, dans l'enseignement supérieur, sans qui la recherche ne serait pas possible. C'est dans ce but qu'est parue en octobre dernier une étude1 menée par les organismes de recherche et l'OST (Observatoire des sciences et des techniques) sur cette population en même temps que celle sur les chercheurs (voir Journal du CNRS n°169).
Une difficulté cependant : « l'impossible estimation du poids de la recherche dans l'activité des personnels d'accompagnement de l'enseignement supérieur ». En effet, alors que les Ita sont définis par leur branche d'activité professionnelle et la discipline de recherche du laboratoire où ils travaillent, l'équivalent n'est pas disponible pour les personnels du supérieur. Cela étant, le rapport permet de connaître les grandes tendances pour les deux structures : on apprend ainsi que dans l'enseignement supérieur, les Atoss et les Itarf représentent 52 % du total et que la majorité des ingénieurs (64 %) sont dans les EPST. L'âge moyen est quasiment le même pour les EPST et le supérieur : entre 44 et 45 ans. Une statistique qui fâche ensuite : la part des femmes. Alors qu'elles représentent 63 % des effectifs dans l'enseignement supérieur et 53 % dans les EPST, elles sont minoritaires aux plus hauts niveaux de qualification.
Enfin, une large part est consacrée à une analyse plus fine des Ita. Ils sont un quart en Sciences de la vie, un autre quart en Gestion scientifique et technique, 15 % en Sciences de l'ingénieur et instrumentation scientifique et 10 % en Informatique et calcul scientifique. Leur poids varie énormément d'un établissement à l'autre : la moitié sont au CNRS, un quart à l'Inra et 10 % à l'Inserm. Quant aux départs, ils seront très importants d'ici à 2012 puisque la moitié des effectifs devraient être renouvelés à cette date.
Julien Bourdet
1. La recherche scientifique française : les personnels d'accompagnement de la recherche dans l'enseignement supérieur et les EPST. Étude au 31 décembre 2002 dans le cadre de la production coopérative d'indicateurs inter-institutionnels de politique scientifique.
Le rapport est consultable à l'adresse : Consulter le site web
Michèle Crance
CNRS, Paris
michele.crance@cnrs-dir.fr