
Nuage de poussières sahariennes capturé par le satellite Terra. Le panache s'étend au-dessus de l'océan Atlantique sur plus de 1 600 km. Une fois dans l'atmosphère, ces aérosols participeront à la formation des nuages.
© J. Descloitres/NASA/GSFC
Les aérosols, ces fines poussières émises dans l'atmosphère, sont soit d'origine naturelle (embruns, poussières désertiques et d'incendies… ), soit produits par les activités humaines (déforestation, combustion d'énergies fossiles, etc). Sans eux, pas de nuages… Car pour les gouttelettes d'eau, ce sont des noyaux de condensation idéaux.
Mais ce n'est pas le seul effet des aérosols : ils réfléchissent la lumière du soleil, ce qui a pour conséquence de refroidir la planète. L'éruption du Pinatubo en 1991 qui a éjecté des aérosols de soufre dans la haute atmosphère avait montré ce phénomène de façon spectaculaire : la température moyenne terrestre avait diminué de 0,5°C la première année. Autre effet de refroidissement des aérosols : pour un contenu en eau liquide donné, si le nombre de noyaux de condensation augmente, alors davantage de gouttelettes, plus petites, se forment, ce qui augmente la réflectivité et la durée de vie des nuages. « Mais les choses ne sont pas si simples : tous les aérosols n'ont pas les mêmes effets », avance Didier Tanré, directeur du Laboratoire d'optique atmosphérique. Les suies par exemple absorbent la lumière et réchauffent l'atmosphère. De même, les nuages, selon l'altitude à laquelle ils se trouvent, n'ont pas le même impact : les nuages bas et épais renvoient fortement la lumière quand les nuages hauts et fins créent un effet de serre.
J.B.