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ÉDITO

Sylvie Joussaume, directrice scientifique du Département des Sciences de l'Univers.

CLIMAT. Des recherches prioritaires pour le CNRS

La compréhension et la prévision du climat sont devenues des enjeux pour la société du fait des perturbations induites par les activités humaines sous l'effet de la pression démographique et économique. Les scientifiques ont été les premiers à attirer l'attention des décideurs sur le risque du changement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre. Les études les plus récentes confirment que la majeure partie du réchauffement observé ces cinquante dernières années est imputable aux activités humaines.
Le CNRS soutient ce domaine d'activité depuis plus de vingt ans à travers les programmes nationaux de l'Institut national des Sciences de l'Univers, en particulier le Programme national d'étude de la dynamique du climat, et le soutien à ses équipes de recherche. Plusieurs autres organismes de recherche participent à ces programmes qui s'insèrent dans un effort international, et contribuent à l'élaboration des rapports du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat qui font référence sur la question.
Pour comprendre et prévoir l'évolution du climat, il est nécessaire de développer des modèles globaux ce qui représente un effort de longue haleine pour de nombreuses équipes. Les recherches des vingt dernières années ont permis d'élaborer des modèles qui couplent atmosphère et océan, et de mieux comprendre le rôle de l'homme dans cette évolution. Cependant, afin de mieux évaluer les risques climatiques qui résultent de l'action de l'homme, les modèles de climat doivent évoluer vers de véritables modèles du système Terre, intégrant les glaces, le cycle du carbone, la chimie de l'atmosphère, la biosphère marine et continentale, ainsi que la gestion des activités humaines. Ces recherches impliquent plusieurs disciplines, et s'inscrivent dans une collaboration européenne qui se tourne de plus en plus vers une organisation de la modélisation du climat à l'échelle de l'Europe. Elles nécessitent des moyens de calcul intensif et donnent un rôle capital au centre de calcul du CNRS, l'Idris, ainsi qu'à ceux de Météo France et du CEA.
Si les modèles sont des outils de prévision, il faut également disposer de données d'observations du climat pour les valider. Étude des variations passées du climat à partir des forages en plein cœur de l'Antarctique avec le soutien de l'Institut polaire, campagnes dans l'Atlantique nord ou en Afrique, observatoires de recherche en environnement qui assurent le suivi à long terme de paramètres clés, observations depuis l'espace, développement de l'océanographie opérationnelle dans le projet pluri-organismes Mercator-océan, sont autant de projets soutenus par l'Insu. Autant de projets indispensables au développement de la modélisation du climat qui permettent de mieux comprendre l'ensemble des processus intervenant dans la machine climatique, ainsi que les mécanismes de la variabilité du climat à différentes échelles de temps.
Comment le climat va-t-il évoluer ? La canicule de l'été dernier ne fait que raviver les craintes. Même s'il est impossible de démontrer que celle-ci résulte du réchauffement climatique, elle illustre ce qui pourrait nous arriver. Mais il subsiste de nombreuses incertitudes, en particulier sur l'ampleur du réchauffement et ses impacts. La recherche a un rôle clé à jouer pour nous aider à prévoir le climat et imaginer comment l'homme devra s'adapter. C'est pourquoi l'étude du climat fait clairement partie des priorités de recherche du CNRS. Et l'Insu a un rôle moteur pour insérer ces travaux dans une démarche interdisciplinaire, pluri-organismes, européenne et internationale.

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