
Enquête
Chercheurs, chercheuses, vous souhaitez mieux connaître votre communauté ? Et savoir quels sont les domaines scientifiques qui regroupent le plus de vos collègues ? Découvrir la place et l'importance des femmes ? Évaluer la distribution des chercheurs sur l'ensemble de l'Hexagone ? Alors reportez-vous à la vaste étude1 conduite en coopération avec les organismes de recherches et l'OST – Observatoire des sciences et des techniques – concernant les scientifiques qui travaillent dans les universités et les neuf EPST (Établissements publics scientifiques et techniques)2. Une étude qui concerne 75 % des hommes et des femmes qui, en France, appartiennent au secteur public de la recherche (66 481 exactement pour un total de 88 000)3. On découvre ainsi qu'entre fin 1996 et fin 2002, leur nombre s'est accru de 9,8 %, soit 5 800 personnes, et que 5 400 d'entre elles sont allées grossir les rangs des enseignants-chercheurs de l'université. Les 400 autres ont rejoint les établissements où les disciplines comme les Sciences de la vie, les Sciences et technologies de l'information et de la communication sont présentes : le CNRS, l'Inserm, et l'Inria dont le nombre de chercheurs s'est accru de 39 % en six ans. Depuis l'an 2000, l'âge moyen de la population étudiée s'est stabilisé à 47,2 ans. Ce sont, comme on pouvait le penser, les Sciences et technologies de l'information qui gagnent la palme de la jeunesse avec un âge moyen de 43,9 ans et la médecine qui remporte celle des « seniors » avec un âge moyen de 51,2 ans. Les chercheurs du CNRS constituent entre 30 et 40 % de l'ensemble des chercheurs (de population étudiée) en Physique, Chimie, Sciences de l'Univers et Sciences de la vie. En Sciences pour l'ingénieur, ils sont présents à hauteur de 15 %, et dans les autres disciplines, en Mathématiques, en Sciences et technologie de l'information et en Sciences sociales et humaines, ils ne représentent que 10 % environ du total. Dans cette photographie globale, comment les femmes sont-elles représentées ? Elles sont de plus en plus présentes dans la recherche publique et leur pourcentage est passé de 29,7 % en 1998 à 31,3 % en 2002. Cette proportion est en augmentation dans toutes les disciplines, sauf en mathématiques. L'Inserm détient le record de la proportion féminine (49 %) et l'Inria, le carton rouge (15 %). Quant au CNRS, il se situe dans la bonne moyenne avec 31 % de femmes-chercheurs. Mais seules 28 % d'entre elles ont atteint le grade de directeur de recherche, contre 45 % pour les hommes. L'organisme fait pourtant bonne figure face à l'IRD où 12 % des femmes contre 40 % des hommes se retrouvent dans cette situation.
L'étude tente aussi de cerner l'impact des départs entre 2003 et 2012. On note ainsi que les Mathématiques, les Sciences pour l'ingénieur, et les Sciences et technologies de l'information sont les plus concernées par les départs hors retraite, en général vers l'entreprise. Quant aux départs à la retraite, leur impact est difficile à calculer en raison de conditions de départ différentes. Riche d'une multitude de tableaux, le document donne une excellente photographie de la population des chercheurs aujourd'hui. À consulter sur Internet sans modération !
FHM
1. La recherche scientifique francaise : les enseignants-chercheurs et les chercheurs des EPST. Situation démographique au 31.12.2002, perspective des départs de 2003 à 2012, analyse régionale. Production coopérative d'indicateurs inter-institutionnels de politique scientifique
2. Un second rapport, entièrement consacré aux personnels d'accompagnement de la recherche (Ita), a également été réalisé.
3. Les chercheurs des Épic (Établissements publics à caractère industriel et commercial) comme le CEA, le BRGM, le Cnes et l'Ifremer, et ceux des Épa (Établissements publics à caractère administratif) comme l'Afssa, ne sont pas pris en compte dans ce document de l'OST.
Pour consulter le rapport en son entier :
Consulter le site web
Michèle Crance
CNRS, Paris
michele.crance@cnrs-dir.fr