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Ils ont choisi la France et le CNRS

Helen Reverón. Bordeaux, plutôt que Caracas..

Oui, le soleil, la plongée sous-marine, la douceur du climat de son pays lui manquent, une partie de sa famille aussi… Mais, Helen Reverón, Vénézuelienne de 31 ans, est tombée en amour de la France et de l'Institut de chimie de la matière condensée de Bordeaux (ICMCB)1 où elle effectue son postdoc. De sa voix chantante où subsiste un accent, elle explique pourquoi elle a quitté les amphis de l'université Simón Bolívar de Caracas pour rejoindre l'ICMCB : « D'abord, j'avais un penchant naturel pour l'Europe, sa culture, son histoire. En 1996, après un premier stage à l'École nationale supérieure de céramique industrielle, une ENSI2 située à Limoges, j'ai pu, grâce à une bourse, faire mon DEA en “Matériaux céramiques et traitements de surface” dans la même école ». Avec sa mention B, elle sort 1ère sur 35. Elle enchaîne avec un doctorat décroché à l'université de la même ville. En 2001, retour au pays natal où Helen obtient un poste d'enseignante-chercheuse à l'université Simón Bolívar. Là, elle enseigne, dirige stages et thèses et se penche sur différents sujets qui vont de l'élaboration de poudres nanométriques à celle de matériaux pour piles à combustible. Mais, à l'université de Caracas, personne ne peut encadrer son post-doc, et précise-t-elle alors, « là-bas, la recherche n'a pas de moyens, elle se fait très lentement ». De plus, l'appel de la France la taraude. Durant ses précédents séjours, elle a appris la langue et découvert des écrivains comme André Gide et des chanteurs – Brel, Brassens ou Trenet. Alors sur Internet, elle recherche un labo pour l'accueillir. La jeune chercheuse aux longs cheveux bruns s'arrête sur l'ICMCB. « D'abord parce qu'il est interdisciplinaire. On y fait aussi bien des recherches en sciences des matériaux, qu'en chimie du solide ou en sciences moléculaires. Et ensuite, il semblait formidablement bien équipé ». Helen obtient de l'université, l'autorisation de partir et reçoit en parallèle une bourse du CNRS. « Mon arrivée à Bordeaux s'est déroulée sans aucun problème. L'Institut est très bien organisé, leur livret d'accueil remarquable. Toutes les difficultés administratives ont été aplanies, et il m'a été très facile de m'intégrer. Ici, pour moi, faire de la recherche, c'est un véritable plaisir, j'ai l'impression de jouer, j'ai des moyens, je suis libre et j'ai énormément de contacts avec des chercheurs européens. » Son champ de recherche ? La synthèse de nanomatériaux ferroélectriques qui peuvent avoir des applications dans les téléphones portables. Demain, la jeune femme va passer les concours du CNRS ou de l'université pour mener une vie d'enseignante-chercheuse de ce coté-ci de l'Atlantique. Dans la vie d'Helen, les longues marches en forêt et la peinture ont remplacé la plongée et les baignades tropicales… Mais la recherche est sa passion, et Bordeaux lui permet de l'assouvir mieux que Caracas !

FHM

Notes :

1. Dirigée par Claude Delmas.
Consulter le site web
2. École nationale supérieure d'ingénieurs.

Contact

Helen Reverón
ICMCB, Bordeaux
reveron@icmcb.u-bordeaux1.fr


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