
Pourquoi le métal durcit-il quand on le tord ?
Lorsqu'on tord plusieurs fois un trombone, il devient de plus en plus dur et finit par se casser. Pourquoi ? La réponse se trouve dans Science de septembre 2003. Des chercheurs1 ont simulé les interactions entre les différents défauts microscopiques qui permettent d'expliquer le durcissement du métal. Et pour la première fois, ils ont pu montrer qu'un type particulier d'interaction (appelée « colinéaire ») jouait un rôle crucial. Situé entre l'échelle atomique et l'échelle macroscopique, ce travail constitue une étape importante dans l'établissement de modélisations du comportement des métaux, alliages et composés métalliques. Avec pour objectif de prédire leurs propriétés mécaniques.
1. Laboratoire d'étude des microstructures (CNRS / Onera), École centrale-Paris et CEA.
Contact : Ladislas Kubin, kubin@onera.fr
La première cathédrale d'Arles
À Arles, une campagne de sondages archéologiques menée par l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) et le CNRS a mis au jour une immense abside, vestige d'une des premières cathédrales de la région (IVe siècle après J.-C.), l'une des plus grandes connues de la Gaule antique. Mosaïque polychrome et sol en marbre témoignent de la richesse du lieu. L'emplacement du monument était cité dans des textes de l'évêque Césaire (VIe siècle), ce qui a permis aux chercheurs d'authentifier leur découverte. Des négociations sont maintenant en cours pour préserver le site où doit bientôt être construit le médiapôle de la ville.
Pour en savoir plus : www.cnrs.fr/SHS/recherche/article.php?id_article=44
Des vaches et des hommes
Boire du lait peut avoir des conséquences sur notre génome, mais aussi sur celui des vaches. Telle est l'étonnante conclusion d'une étude publiée dans la revue Nature Genetics de décembre 2003 par plusieurs laboratoires européens, parmi lesquels le Laboratoire d'écologie alpine (CNRS et université Joseph Fourier). On savait déjà qu'au cours de l'évolution, la forme la plus performante de la lactase, responsable de la digestion du lait, s'était transmise dans les populations du Centre-Nord de l'Europe, justement grandes consommatrices de produits laitiers et marquées par l'élevage bovin depuis le Néolithique. Aujourd'hui, les chercheurs montrent que cette pratique a eu des conséquences sur les vaches elles-mêmes : c'est dans cette région d'Europe que l'on trouve la plus grande diversité génétique des protéines du lait. Car pendant des milliers d'années, pour avoir du lait en abondance, les populations ont su conserver de grands troupeaux et ainsi maintenir une richesse génétique.
Contact : Albano Beja-Pereira, albano.beja-pereira@ujf-grenoble.fr
www2.cnrs.fr/presse/communique/327.htm?&debut=16
Le manchot jeûne le ventre plein
Des chercheurs strasbourgeois viennent d'expliquer en partie la remarquable capacité du manchot royal à conserver les aliments dans son estomac sans les digérer, pendant plusieurs semaines. Le manchot royal passe la plupart de son temps en mer en quête de nourriture et retourne à terre -sur les Îles Crozet- pour se reproduire. Le mâle qui revient pour assurer la dernière période d'incubation est capable de s'abstenir de digérer cette nourriture pendant deux à trois semaines afin de la garder intacte pour nourrir son petit à l'éclosion. Cécile Thouzeau du Centre d'écologie et de physiologie énergétiques de Strasbourg et ses collaborateurs viennent de montrer l'existence, dans l'estomac de l'oiseau, de substances antimicrobiennes. L'une d'elle, la sphéniscine, a pu être identifiée. Elle contribuerait à empêcher la dégradation des aliments par les bactéries et participerait ainsi à la conservation longue durée de la nourriture. Des résultats publiés dans le Journal of biological chemistry qui pourraient déboucher sur des applications, notamment dans le domaine de l'amélioration des techniques de conservation agroalimentaires.
Contact : Cécile Thouzeau
cecile.thouzeau@c-strasbourg.fr
www.jbc.org/current.shtml
Du nouveau pour l'énergie solaire
Des chercheurs du CNRS1 et d'EDF ont mis au point une innovation2 qui offre des perspectives nouvelles pour le développement du photovoltaïque (conversion de l'énergie lumineuse en électricité). Il s'agit de cellules solaires en couches minces, à base d'un alliage semi-conducteur de cuivre, d'indium et de sélénium (appelé CIS). Cet alliage s'impose aujourd'hui aux côtés des cellules classiques à base de silicium. Jusqu'à présent, ces couches sont préparées par des techniques sous vide très chères et difficiles à transposer à de grandes surfaces. L'innovation a été de réussir à préparer ces couches par simple électrolyse dans l'eau. Grâce à ce procédé, le CIS peut être désormais obtenu à la pression atmosphérique. Il conserve ses qualités, mais les coûts de production en seront diminués.
1. Laboratoire d'Électrochimie et de Chimie Analytique de l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris.
2. Dans le cadre du projet Cisel (Cuivre Indium Sélénium Électrodéposé) développé au sein d'un nouveau Laboratoire commun EDF-CNRS / ENSCP.Contacts : Daniel Lincot, lincot@ext.jussieu.fr,
Jean-François Guillemoles, jf-guillemoles@enscp.jussieu.fr