Moteur de recherche

 

Retour au sommaire

Cardiologie

Infarctus : le froid et la pollution mis en cause

Le froid, comme la pollution, augmente le risque d'infarctus. Un constat connu depuis quelques années. Mais cela concernerait plus particulièrement certaines catégories de personnes : les hypertendus et les fumeurs. C'est le résultat de l'étude qu'a menée depuis deux ans l'équipe de Jean-Pierre Besancenot du Laboratoire « Climat et Santé » de Dijon (Côte d'Or), qui travaille sur l'influence du climat, et plus généralement de l'environnement sur la santé. Les chercheurs qui, pour la circonstance, ont collaboré avec les cardiologues du département, ont  en effet constaté que chez les sujets souffrant d'hypertension artérielle, ce risque augmente de 115 % quand la température journalière moyenne descend au-dessous de - 4°C. Les « normotendus », eux, ne font pas plus d'infarctus par grand froid. Logique, puisque le froid élève la tension. Mais jamais ce lien n'avait été prouvé, ni quantifié. Les scientifiques ont, par ailleurs, montré qu'en cas de pics de pollution, les fumeurs sont beaucoup plus sujets à l'infarctus que ceux qui ne fument pas. Comment sont-ils parvenus à ces résultats ? Grâce à un registre très précieux, réalisé par l'Observatoire des infarctus de Côte d'Or (Rico), qui recense tous les cas d'infarctus répertoriés par les hôpitaux, les cliniques et les médecins libéraux du département. Une mine d'informations pour les chercheurs qui ont relié ces données médicales, jour par jour, aux données météorologiques et de pollution correspondantes, fournies par Météo France et le réseau de surveillance de la qualité de l'air. L'étude pourra bientôt s'enrichir des données de 2003. Compte tenu des conditions climatiques exceptionnelles de l'année, notamment la canicule de l'été, ces éléments viendront affiner leurs résultats. Mais des mesures de prévention pourraient déjà être envisagées. Les prévisions climatiques seraient transformées en prévisions de risques d'infarctus. Les médecins pourraient alors prendre des dispositions vis-à-vis des populations à risque.

Stéphanie Belaud

Contact

Jean-Pierre Besancenot
Laboratoire « Climat et santé », Faculté de médecine, Dijon
jean-pierre.besancenot@
u-bourgogne.fr


Haut de page

Retour à l'accueilContactcreditsCom'Pratique