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Selectbiotics

Des nouveaux antibiotiques pour les hôpitaux

En France, environ 10 000 personnes1 meurent chaque année d'une maladie nosocomiale, c'est-à-dire d'une infection d'origine bactérienne qu'ils ont contractée à l'hôpital. The Duc Hua, le PDG de Selectbiotics, société nîmoise de biotechnologie, explique la situation : « Durant ces quinze dernières années, on a utilisé massivement les mêmes antibiotiques si bien que les bactéries, douées d'une grande capacité d'adaptation, sont devenues résistantes. Pourtant, très peu d'efforts ont été réalisés pour inventer de nouveaux traitements. » C'est ce constat qui a amené le biochimiste à créer en avril 2001 avec Olivier Thaler, microbiologiste, et Jean-Paul Leonetti, chercheur en biologie moléculaire, Selectbiotics, une des quarante entreprises au monde qui se consacrent à la recherche de nouveaux antibiotiques. Mais la jeune société dispose d'un atout face à ses concurrentes : elle utilise deux approches parallèles. Olivier Thaler travaille, de son côté, sur une collection de bactéries unique au monde regroupant environ 300 souches différentes2. Il les met en culture et isole les molécules actives susceptibles d'abou-tir à des antibiotiques. Jean-Paul Leonetti, lui, recherche chez les bactéries des fonctions vitales qui n'ont encore été la cible d'aucun antibiotique et n'entraînent pas de résistance. Ensuite, par une méthode de criblage, qui a fait l'objet d'un brevet avec le CNRS, il tente de trouver une ou plusieurs molécules capables d'atteindre cette cible et ainsi de tuer la bactérie3. « Ces deux axes de recherche sont complémentaires, précise Olivier Thaler. Les molécules actives qu'on conserve sont à la fois des molécules chimiques et des molécules produites naturellement par les souches bactériennes ».

souris

© DR

Test in vivo d'un médicament : à gauche la première souris a pu être soignée d'un abcès dû à une bactérie multirésistante, dont souffre encore celle de droite.


Pour le moment, une molécule est en passe d'être utilisée comme médicament candidat contre les biofilms, ces bactéries qui peuvent se développer sur les prothèses des patients au cours d'une opération chirurgicale. Les tests effectués sur les souris viennent de commencer et les essais in vitro réalisés auparavant sont concluants : dans les conditions où les antibiotiques actuels n'ont pas d'effet sur les souches résistantes, les nouveaux antibiotiques en viennent à bout. Selectbiotics se donne maintenant deux ans pour passer aux premiers essais sur l'homme.

Julien Bourdet

Notes :

1. Enquête nationale de prévalence 2001, sur les infections nosocomiales.
2. Recherche Inra / université de Montpellier II.
3. Recherche CNRS / université Montpellier I.

Contact

The Duc Hua, Selectbiotics, Nîmes, selectbiotics@aol.com


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