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Nord-Sud : la fracture numérique

Dans les pays dits les moins avancés, seul un habitant sur deux cents est abonné au téléphone.
La facture mensuelle d'un Malgache qui se connecterait sur la toile représenterait plus de 6 fois son salaire, alors qu'un Américain s'en tire pour 1,2 % de ses revenus. Le taux de pénétration d'Internet plafonne à 0,4 % en Afrique subsaharienne et en Inde et s'envole à plus de 50 % aux USA, en Scandinavie et à Hong Kong, tandis qu'il atteint environ 33 % dans le reste de l'OCDE. Pas étonnant que plus de 70 % des sites Web soient en anglais, au grand dam des militants de la diversité culturelle et linguistique, français en tête. Mais le plus inquiétant dans la « fracture numérique », c'est la façon dont les grands opérateurs made in USA, pionniers d'Internet, comme WorldCom, fournissent partout dans le monde de la capacité à bas prix. Résultat : prétendument décentralisé, Internet se déploie surtout autour d'un hypercentre américain. Et parfois, comme en Afrique, les communications Internet au sein d'une même ville passent par les plaques tournantes américaines ! « Quand les transactions Internet des USA pèsent 50 milliards de bits/s avec l'Europe, 20 milliards de bits/s avec l'Asie et 300 millions de bits/s avec l'Afrique, elles ne dépassent pas 300 millions de bits/s entre l'Europe et l'Asie, illustrait Philippe Quéau, ancien directeur de la Division de la société de l'information à l'Unesco. Les échanges économiques entre ces deux pays sont pourtant intenses. Mais les USA sont devenus le carrefour mondial d'Internet. »

À lire :
La géopolitique d'Internet, Solveig Godeluck, Éd. La Découverte, 2002. La geopolitiquedinternet.com.
Nord et Sud numériques, Les cahiers du numérique, Éd.Hermès. http://lcn.e-revues.com/contact.jsp
Les nouvelles technologies au service du développement humain, rapport du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), 2001.


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