
Trop chaud pour les coraux

Des sapins sous la neige, un soir de Noël dans une forêt vosgienne ? Un gâteau d'anniversaire recouvert d'une couche de chantilly ? Vous n'y êtes pas. La scène se passe dans un lagon en Polynésie française. La photographie montre un corail du genre Acropora. Un corail qui n'est pas vraiment au mieux de sa forme : il pâlit. L'eau trop chaude en est la cause. Dès que la température atteint 29 °C, les zooxanthelles, des algues qui vivent en symbiose avec lui, s'en vont. Résultat : les coraux ne peuvent plus s'alimenter normalement ni se reproduire. Ils vivent alors au ralenti et si l'eau reste chaude trop longtemps, ils meurent. Les algues disparues, les tissus vivants translucides laissent apparaître le squelette calcaire blanc. La pointe violacée, elle, est due à une pigmentation particulière du corail. Étudié depuis environ trente ans, le phénomène de blanchissement touche les récifs coralliens partout dans le monde. Il est encore difficile aux chercheurs de dire s'il est en lien direct avec le réchauffement climatique, même si en 1991, El Niño avait entraîné un blanchissement suivi d'une mortalité de 10 % des coraux sur l'ensemble de la Polynésie française.