Moteur de recherche

 

Espace presse

Paris, 10 novembre 2006

Premiers essais cliniques prometteurs sur le lupus

Un candidat-médicament contre le lupus, maladie rare auto-immune inflammatoire chronique, vient de passer avec succès les tests cliniques de phases I et II. Les essais basés sur un peptide thérapeutique issu des recherches du laboratoire Immunologie et chimie thérapeutiques du CNRS, à Strasbourg, sont réalisés par la société ImmuPharma, à qui le CNRS a concédé la licence de son brevet. ImmuPharma s'apprête aujourd'hui à engager les essais cliniques de phase III.

Le lupus érythémateux disséminé est une maladie auto-immune inflammatoire chronique, touchant surtout des femmes de 15 à 50 ans (15 à 51 cas pour 100 000 personnes, cinq millions d'individus dans le monde). Mal connue du grand public, elle est très invalidante et menace la vie des patients dans 5 à 10 pour cent des cas. D'origine génétique, environnementale et immunologique, le lupus se caractérise par une hyperactivité des lymphocytes B et la production d'auto-anticorps qui s'attaquent à divers organes. Les manifestations cliniques prennent plusieurs formes : dermatologiques (lésions cutanées, sensibilité accrue aux UV), rhumatologiques (douleurs articulaires), cardiovasculaires (péricardites, thromboses), neurologiques (poussées psychotiques) ou rénales.

Les traitements existants interviennent en situation de crise pour soulager les symptômes mais ne guérissent pas la maladie : corticoïdes, immunosuppresseurs, mais aussi anti-paludéens ou plasmaphérèses. Ces traitements sont lourds, empiriques, et surtout, ils affectent l'ensemble du système immunitaire ce qui, à terme, met les patients à la merci de multi-infections. Il était donc urgent de développer des thérapies spécifiques pour cibler uniquement les cellules atteintes. Sylviane Muller et ses collègues, du laboratoire Immunologie et chimie thérapeutiques du CNRS à Strasbourg, ont découvert un peptide qui protège les souris du lupus. Le peptide est également reconnu par les lymphocytes des patients lupiques, qui produisent alors des molécules anti-inflammatoires.

La société bio-pharmaceutique ImmuPharma, qui détient la licence du brevet du CNRS sur ce peptide, a terminé les études de toxicologie fin 2005 et vient d'achever, en octobre 2006, les essais pré cliniques de phase I, chez des individus sains, et de phase II, chez des patients lupiques. Le peptide ne présente aucune toxicité, ni chez l'animal, ni chez l'homme et n'a pas d'effet indésirable. Chez la quasi-totalité des patients traités, on observe une diminution des marqueurs sériques de la maladie lupique et une amélioration des indices cliniques de sévérité de la maladie.

Ces résultats inespérés après une si courte période de traitement portent beaucoup d'espoir. La société ImmuPharma, cotée au second marché anglais depuis début 2006, travaille maintenant activement à la mise en place d'essais de phase III.


Contacts :

Chercheur
Sylviane Muller
T 03 88 41 70 22
S.muller@ibmc.u-strasbg.fr

Presse
Claire Le Poulennec
T 01 44 96 49 88
Claire.le-poulennec@cnrs-dir.fr

Les patients souhaitant participer aux essais cliniques de phase III doivent d'adresser à :

Pr. Jean Sibilia
Service de rhumatologie
Hôpital de Hautepierre
1 avenue Molière
67200 Strasbourg
tel : 03 88 12 79 54
E mail : jean.sibilia@chru-strasbourg.fr

Pr. Jean-Louis Pasquali, directeur du Centre de réference
Service de Médecine Interne et Immunologie Clinique
Hopitaux Universitaires de Strasbourg
Clinique Médicale A
Hôpital Civil
67091 Strasbourg
tel : 03 88 11 65 85
E.mail : jean-louis.pasquali@chru-strasbourg.fr


Haut de page

Derniers communiqués
Toutes disciplines confondues

Retour à l'accueilContactcreditsCom'Pratique