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Paris, 27 octobre 2006

Tests biologiques : un nouveau venu plus sensible et moins coûteux

Des chercheurs du CNRS et de l'ESPCI (1) ont découvert une nouvelle méthode de détection des maladies infectieuses telles que le SIDA ou les hépatites. Analogue à un test de grossesse, elle serait aussi bon marché et 1000 fois plus sensible que la méthode actuellement utilisée. Elle permettrait un dépistage précoce, grâce à une machine portative accessible aux pays les plus défavorisés.

Aujourd'hui, il existe deux méthodes pour dépister les maladies infectieuses. La première, nommée LAI (latex agglutination assay) est un test en une seule étape, facile à mettre en œuvre et peu coûteux, mais dont la sensibilité est limitée (2). Il ne convient pas aux dépistages précoces. La seconde méthode, nommée ELISA (enzyme linked immunosorbent assay), nécessite plusieurs étapes. Elle est basée sur la reconnaissance de deux anticorps différents, avec des lavages entre chaque étape, mais permet d'atteindre des concentrations mille fois plus faibles (3) que LAI. Ce test est pratiqué pour toutes les maladies infectieuses avec un automate compliqué et coûteux, dont seuls les plus grands centres médicaux sont équipés.

Des chercheurs du CNRS et de l'ESPCI (1) ont inventé un nouveau principe de test. Grâce à ce principe, le test serait aussi simple et bon marché que LAI et aussi sensible qu'ELISA. Il serait particulièrement intéressant pour les dépistages précoces dans les pays défavorisés ou la méthode ELISA est peu répandue.

Toutes les méthodes de test se fondent sur la reconnaissance de l'antigène (corps étranger à l'organisme) par un anticorps spécifique. Antigène et anticorps se lient alors pour former un complexe, ce qui doit se traduire par un signal mesurable. Pour détecter le complexe, l'anticorps est lié à des colloïdes (4). Dans la méthode LAI, l'antigène forme des ponts entre colloïdes ce qui rend la solution plus ou moins trouble. La détection est une simple mesure de turbidité. Les chercheurs du CNRS et de l'ESPCI ont eu l'idée de greffer les anticorps sur un colloïde magnétique. Lorsqu'ils mettent ces particules en présence des antigènes et d'un champ magnétique, le taux de formation du complexe augmente de façon drastique, car les particules forment des chaînes, qui piégent les antigènes. Cette organisation permet de gagner un facteur 1000 en sensibilité.

En 2002, les chercheurs ont déposé un brevet pour protéger leur idée. Elle est aujourd'hui en phase de développement dans deux sociétés pour les applications en santé humaine, par exemple pour détecter le VIH de façon précoce avec un appareil portatif, ou pour l'armée, afin de détecter les attaques terroristes fondées sur la contamination de la population par des maladies infectieuses.


Notes :

(1) Laboratoire Colloïdes et Matériaux divisés/Liquides ioniques et interfaces chargés (CNRS/Ecole supérieure de physique et de chimie industrielle/Université Paris VI)
(2) 10-9 mol/l
(3) 10-12 mol/l
(4) Un colloïde est une substance constituée de fines particules portant chacune une charge électrique de même signe en suspension dans un milieu.

Références :

Acceleration of the Recogniition Rate Between Grafted Ligands and Receptors with Magnetic Forces, J. Baudry, C. Rouzeau, C. Goubault, C. Robic, L. Cohen-Tannoudji, A. Koenig, E. Bertrand, an J. Bibette, PNAS (publié online à l'adresse Consulter le site web, le 18 octobre 2006).

Contacts :

Contact chercheur
Jérôme Bibette
T 01 40 79 52 19 / 06 85 13 75 36
Jerome.bibette@espci.fr

Contact presse
Claire Le Poulennec
T 01 44 96 49 88
Claire.le-poulennec@cnrs-dir.fr


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