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Paris, 26 janvier 2006

Découverte d'une exoplanète similaire à la Terre

Les astronomes de la collaboration Probing Lensing Anomalies NETwork (PLANET), dirigée par Jean-Philippe Beaulieu de l'Institut d'Astrophysique de Paris (1), ont découvert une exoplanète dont les caractéristiques se rapprochent de celles de notre Terre, mais située à 25 000 années-lumière de notre propre système solaire. La nouvelle planète de seulement 5 masses terrestres se trouve à 3 fois la distance Terre-Soleil de son étoile et tourne autour d'elle en 10 ans. Sa température estimée est de l'ordre de 53 degrés Kelvin (-220 degrés Celsius). Elle est donc solide, composée probablement de roches et de glace. Cette détection suggère que ces planètes froides, de masse équivalente à quelques masses terrestres sont beaucoup plus fréquentes que les planètes de type Jupiter. A paraître dans la revue Nature du 26/01/06.

L'étoile-lentille avait été repérée par l'équipe polonaise-américaine de OGLE (Opical Gravitational Lensing Experiment) le 11 juillet 2005, dans le cadre de leurs observations régulières du bulbe galactique. Cette équipe poursuit ces observations depuis 1993, dans le but de détecter des microlentilles gravitationnelles en comparant des images de champs identiques prises chaque nuit. Toute étoile dont l'éclat varie est signalée à plusieurs autres équipes internationales d'astronomes qui en assurent le suivi. Parmi ces équipes, la collaboration PLANET regroupe 32 astronomes provenant de 10 pays et utilise 5 télescopes répartis dans l'hémisphère sud (2). Cela permet de suivre les alertes d'OGLE de façon continue, chaque télescope prenant le relais du précédent lorsque la nuit se termine sur un continent et commence sur un autre.

 

Le but de ce suivi est de détecter des anomalies sur la courbe d'amplification, qui pourraient trahir l'existence d'une planète autour de l'étoile qui passe entre l'observateur et l'étoile-source. C'est ce qui s'est produit la nuit du 10 août 2005, lorsque deux astronomes, Pascal Fouqué (3) et Kristian Woller (4), observant sur le télescope Danois de 1,5 m à l'Observatoire de La Silla (ESO, Chili), ont noté une déviation en flux, alors que l'amplification de la source était presque terminée, après avoir franchi son maximum le 31 juillet. Une nouvelle mesure a confirmé cette anomalie et les astronomes ont alerté leurs collègues australiens, qui ont pu confirmer une variation d'éclat anormale d'une durée de 7 heures.

 

Le lendemain, les équipes de OGLE et de MOA (Microlensing Observations in Astrophysics, collaboration Nouvelle-Zélande-Japon) ont confirmé la détection et les modélisateurs se sont mis au travail pour voir si la présence d'une planète pouvait expliquer la déviation. Un astronome allemand, Daniel Kubas (PLANET), un américain, David Bennett (PLANET) et un français, Arnaud Cassan (IAP-CNRS-UPMC), ont alors montré indépendamment qu'il s'agissait bien d'une planète, mais qu'en plus sa masse était la plus petite jamais mesurée pour une planète hors du système solaire, de l'ordre de 5 masses terrestres ! Cette planète est identifiée par le sigle OGLE-2005-BLG-390Lb, d'après son étoile OGLE-2005-BLG-390…

 

Les résultats sont publiés dans la revue anglaise Nature et cosignés par 73 auteurs appartenant à 32 établissements de 12 pays différents (France, États-unis, Australie, Royaume-Uni, Danemark, Allemagne, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Chili, Autriche, Pologne, Japon).

 

Exoplanète

© Image préparée par Jean-Philippe Beaulieu (IAP-CNRS-UPMC)

Champ de l'étoile OGLE-2005-BLG-390 dans le bulbe galactique. La flèche indique la position de l'étoile-source dont l'éclat a été amplifié par le passage, entre cette étoile et l'observateur, d'une étoile invisible qui en a focalisé la lumière par gravité (on l'appelle ainsi étoile-lentille). On notera aussi la zone sombre sur la gauche de l'image : elle est due à des poussières en direction du centre galactique, qui masquent la lumière des étoiles plus lointaines.



Notes :

(1) Unité mixte de recherche du CNRS et de l'Université Pierre et Marie Curie
(2) Les télescopes participant au projet PLANET sont les suivants : le télescope de 0,6 m de l'Observatoire de Perth (Bickley, Australie Occidentale) ; le télescope de 1,5 m de l'Observatoire de Boyden (Bloemfontein, Afrique du Sud) ; le télescope de 1 m de SAAO (Sutherland, Afrique du Sud) ;le télescope Danois de 1,5 m de l'ESO (La Silla, Chili) ; le télescope de 1 m de l'Observatoire Canopus (Hobart, Tasmanie, Australie).
(3) Laboratoire d'Astrophysique de Toulouse et Tarbes, unité mixte de recherche du CNRS, Observatoire Midi-Pyrénées, Université Paul Sabatier.
(4) Niels Bohr Institute, Danemark

Contacts :

Contacts chercheurs :
Jean-Philippe Beaulieu
T 01 44 32 81 19
beaulieu@iap.fr

Pascal Fouqué
T 05 61 33 27 86
pascal.fouque@ast.obs-mip.fr

Contact INSU-MIPPU :
Philippe Chauvin
T 01 44 96 43 36
philippe.chauvin@cnrs-dir.fr

Contact presse
Delphine Kaczmarek
T 01 44 96 51 37
delphine.kaczmarek@cnrs-dir.fr


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