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Paris, 2 décembre 2004

Inauguration d'un éclairage urbain innovant et économique à Albi

Le 2 décembre à Albi a été inauguré un nouvel éclairage urbain qui permet une économie de presque 50 % de l'énergie consommée pour produire la même intensité lumineuse d'un éclairage mieux adapté à l'œil humain. C'est l'aboutissement du projet Européen NumeLite, commencé il y a 3 ans sous la coordination de Georges Zissis (CNRS), qui a impliqué 11 partenaires de 6 pays européens.

A cette occasion, Georges Zissis, coordinateur du projet, a présenté le projet et les principes de ce nouvel éclairage, en présence de représentants de la Ville d'Albi et des différents partenaires européens.

 

Depuis plus de 30 ans, l'efficacité de l'éclairage urbain stagne. Pourtant, son amélioration en termes d'économie d'énergie et d'efficacité est essentiel, compte tenu de la quantité d'éclairage nécessaire à l'ensemble de la planète chaque jour.

L'objectif du projet Européen NumeLiTe (dans le cadre du programme « Energie » de l'Union Européenne) était de concevoir et de réaliser un système d'éclairage urbain innovant, économique, et de démontrer ses potentialités sur site.

Il s'agissait en particulier d'améliorer l'efficacité lumineuse des sources — c'est-à-dire d'augmenter le flux de lumière produite (on le mesure en lumens) par watt électrique consommé — et d'améliorer le rendu des couleurs — c'est-à-dire d'avoir une lumière qui reproduit bien les couleurs du monde qui nous entoure. Une augmentation de 2 % de l'efficacité lumineuse des sources pour l'éclairage urbain peut permettre une diminution de 6 à 7 millions de tonnes des rejets de CO2 dans l'atmosphère, ce qui correspond à 1 % de la diminution prévue par les accords de Kyoto sur l'environnement.

 

C'est Georges Zissis, directeur de l'équipe “ Sources Intenses de Photons ” au sein du Centre de physique des Plasmas et de leurs Applications de Toulouse (CPAT, CNRS-Université Paul Sabatier) qui a été coordinateur du projet NumeLiTe. Son laboratoire s'intéresse depuis longtemps aux sources lumineuses pour l'éclairage et pour des applications industrielles.

 

Le nouveau système est basé sur des lampes de nouvelle génération, à halogénures métalliques avec enveloppe céramique qui produisent, avec une excellente efficacité, une lumière blanche de très bonne qualité. Ces lampes sont placées dans des luminaires spécialement dessinés pour mieux distribuer la lumière sur la route et éviter les problèmes de pollution lumineuse. Les lampes sont alimentées par des nouveaux ballasts électroniques qui peuvent être commandés à distance (liaison filaire par le réseau électrique de la ville ou aérienne en radiofréquences) par une station centrale installée à cet effet à la mairie d'Albi. Ceci permet de contrôler la quantité de lumière à chaque instant et de programmer le fonctionnement du système. Enfin, le système prend en compte les particularités de l'œil humain, sensible la nuit à des longueurs d'onde décalées vers le bleu, afin d'accroître les gains d'énergie.

 

La ville d'Albi, en tant que partenaire à part entière du consortium, a été choisie pour l'installation du démonstrateur. A ce titre, Albi est, pour le moment, la seule ville d'Europe qui possède ce système innovant. Quatre axes (routiers et semi-piétonnier) d'accès au centre ville, et un axe décentralisé ont été dotés des nouveaux luminaires, dont l'installation a commencé en mars 2004. A ce jour, 90 lampadaires ont été installés sur les 120 que compte le projet finalisé. Les premiers résultats obtenus sur le site d'Albi ont permis de démontrer qu'à consommation énergétique égale, le nouveau système produit presque 2 fois plus de lumière que le système précédent. Nous pouvons donc affirmer que ce système permettra la réalisation d'importantes économies d'énergie et contribuera ainsi au développement durable et à l'aménagement du territoire.

 

Le projet NumeLiTe, développé en 3 ans (du 1/1/02 à 31/12/04), a mobilisé un consortium pluridisciplinaire de 11 partenaires [1], publics et privés, provenant de 6 pays Européens. Le coût total du projet s'élève à 6,6 millions d'Euros.  Il a été subventionné par la communauté européenne à hauteur de 2,8 millions d'Euros. Les membres Suisse et Anglais du consortium ont été subventionnés par leurs gouvernements pour un montant  de 0,5 MEuros chacun.

 

On estime à environ 30 milliards le nombre de lampes électriques en service sur la planète, et à 10 milliards les nouvelles lampes produites chaque année. La consommation mondiale en éclairage dépasse les 2 000 TWh [2] d'énergie électrique par an, soit approximativement plus du dixième de la production globale d'électricité. Dans un pays industrialisé, on utilise en moyenne 10 à 15 % de la production électrique annuelle pour l'éclairage (12 % en France, plus de 19 % aux Etats-Unis). Dans un pays en voie de développement, où l'éclairage est un besoin prioritaire, cette proportion est beaucoup plus importante (37 % pour la Tunisie, 89 % pour la Tanzanie).

 

                La France a consommé, en 1999, 41 TWh pour l'éclairage. Environ 60 % de cette énergie sont utilisés par le secteur tertiaire. L'éclairage public et routier consomme 10 % du total tandis que les 30 % restants sont absorbés par l'éclairage domestique. Il faut toutefois noter que ce dernier secteur a vu sa consommation tripler en vingt ans (5 TWh en 1979, 14 TWh en 1999). D'un point de vue économique et industriel, le marché correspondant est donc énorme. Par ailleurs, l'éclairage est responsable de certaines nuisances sur l'environnement à travers la pollution visuelle nocturne et le dégagement de gaz à effet de serre lors de la production de l'énergie électrique correspondante. Ces problèmes vont probablement s'aggraver puisque, selon les prévisions de l'OCDE, les besoins en éclairage au niveau mondial seront multipliés par trois dans les dix années à venir...

 

On voit donc clairement l'intérêt d'un système d'éclairage urbain plus économique. L'investissement élevé au départ devrait être amorti en moins de 10 ans, sachant que la durée de vie d'un éclairage public est de 30 à 40 ans.

 

 

Lampadaire aviso de jour

© © consortium EU-NumeLiTe (NNE5-2001-0282)

Lampadaire Aviso Thorn de jour


  
aviso en fonction

© © consortium EU-NumeLiTe (NNE5-2001-0282)

Lampadaire Aviso Thorn en fonction


      


Avenue Gambetta à Albi éclairée par les luminaires Aviso Thorn (lampes à Halogénures métalliques 150W).

© Consortium EU-NumeLiTe (NNE5-2001-0282)

Notes :

[1] France : CPAT (CNRS-Université Paul Sabatier, UMR 5002 du CNRS)
Laboratoire d'Electrotechnique de Montpellier (Université Montpellier 2)
Sinapse SA (Région Parisienne) (PME)
Thorn France (Les Andelys) (Partenaire industriel pour les luminaires)
Ville d'Albi (Services Techniques) (Utilisateur final)
Royaume Uni : General Electric Lighiting (Leicester) ( Partenaire industriel)
TRL Ltd (anciennement Transport Research Laboratory)
Portugal : Département de Physique (Université de Madeire)
Allemagne : Luxmate SW (Munich)( Partenaire industriel)
Suisse : Knobel (Enenda) (Partenaire Industriel)
Grèce : Laboratoire Chimie Haute Temperature (FORTH ICE/HT, Patras)

[2] 1TWh = 1 térawatt-heure = 1 milliard de kilowatt-heures = 109 kWh. Un kilowatt-heure est l'énergie dépensée pendant une heure par une machine dotée d'une puissance d'un kilowatt, ou mille watts. Pour donner une idée, un radiateur électrique a une puissance de l'ordre d'un kilowatt, une tranche de centrale nucléaire produit de l'ordre de 1 gigawatt (1 million de kilowatts) d'électricité.

Contacts :

Chercheur :
Georges Zissis, 05 61 55 69 96,
georges.zissis@cpat.ups-tlse.fr

Département Sciences pour l'ingénieur du CNRS :
Helena Devillers, 01 44 96 42 32,
helena.devillers@cnrs-dir.fr

Presse :
A Paris : Isabelle Tratner, 01 44 96 49 88, isabelle.tratner@cnrs-dir.fr
En région : Carine Desaulty, 05 61 33 61 10, carine.desaulty@dr14.cnrs.fr


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