
Paris, 8 juillet 2004
MUSE est un spectrographe intégral de champ (ou 3D) de nouvelle génération, opérant dans le domaine visible du spectre électromagnétique. Les champs 3D profonds de MUSE, complétés par le JWST (le successeur du télescope spatial Hubble en cours de réalisation par la NASA et l'ESA) et ALMA (l'interféromètre millimétrique géant en cours de construction au Chili par l'Europe et les USA), offriront un point de vue complet de l'Univers jeune. L'impact de ces observations devrait être comparable à celui apporté par les champs profonds du télescope spatial Hubble qui ont révélé en 1996, pour la première fois, la morphologie des galaxies les plus lointaines. MUSE permettra d'observer des galaxies dix à cent fois plus faibles, un élément essentiel pour comprendre comment les premières briques de matière se sont assemblées pour former les galaxies telles que nous les connaissons aujourd'hui. L'impact de MUSE ne se limitera pas à la cosmologie car cet instrument offrira également des performances uniques pour l'étude des galaxies proches, des amas d'étoiles de notre galaxie, des étoiles jeunes et des petits corps du système solaire.
Avec ses 370 millions de pixels, MUSE est le premier et le seul instrument à pouvoir explorer en aveugle un grand volume d'Univers. Parce qu'il ouvre de nouveaux champs d'investigation pour l'astronomie optique, MUSE a un très fort potentiel de découverte. D'autre part, avec son mode à haute résolution spatiale, c'est également un outil exceptionnel pour étudier en grand détail les phénomènes physiques complexes qui sont en œuvre dans la plupart des objets astronomiques.
MUSE est un instrument ambitieux : composé de 24 modules étudiés et réalisés dans un contexte industriel, il est optimisé pour les très longs temps de pose et assisté par une optique adaptative et 4 étoiles laser. Il fait appel à nombre d'innovations technologiques telles que les découpeurs de champs, les réseaux holographiques à volume de phase et à large domaine de longueur d'onde, les spectrographes à bas coût et l'optique adaptative multi-conjuguée.
© CRAL. CNRS. Représentation de l'instrument MUSE au foyer du VLT. Les 24 modules optiques constituant l'instrument permettent d'obtenir un cube de donnée de 370 millions de pixels par pose.
Le coût de MUSE (non consolidé et hors moyens d'accompagnements) est estimé à 9.3 M€, non compris l'optique adaptative (environ 5 M€). MUSE devrait être en opération au Chili à partir de la fin 2011 jusqu'en 2020 environ, date possible pour le remplacement du VLT par un télescope géant de 50 m ou plus.
MUSE est non seulement unique et sans concurrence au niveau mondial, mais sa réalisation placera la communauté française dans une position stratégique pour s'impliquer dans la prochaine génération de télescope post VLT. En effet MUSE, par ses aspects modulaires impliquant la réalisation en petite série d'éléments optiques sophistiqués et par la réalisation et l'utilisation d'optique adaptative de nouvelle génération couplée à des étoiles lasers, est un précurseur de ce que pourrait être la prochaine génération d'instruments pour ces futurs télescopes géants.
Pour en savoir plus : http://www-obs.univ-lyon1.fr/muse
1) Outre le CRAL, le consortium comporte les laboratoires suivants : l'Université d'Oxford (Astrophysics department, Oxford, Angleterre), l'Observatoire de Leiden (Sterrewacht Leiden, Pays-Bas), l'Observatoire Midi-Pyrénées (LAT, France), l'Observatoire de Potsdam (AIP, Allemagne), l'Université de Zurich (ETH, Suisse) et l'ESO.
Contacts chercheur
Roland Bacon, CNRS/INSU CRAL
Tél : 04 78 86 83 82
Mél : bacon@obs.univ-lyon1.fr
Contact INSU/CNRS
Philippe Chauvin
Tél : 01 44 96 43 36
Mél : philippe.chauvin@cnrs-dir.fr
Contact presse
Martine Hasler
Tél : 01 44 96 46 35
Mél : martine.hasler@cnrs-dir.fr
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