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Paris, 18 novembre 2008

Influence du réchauffement climatique sur l'augmentation des maladies transmises par les tiques

L'augmentation de la température extérieure modifie le comportement des tiques de chien en augmentant leur affinité pour l'homme. Les épisodes de réchauffement climatique risquent donc d'être associés à des épidémies de maladies transmises par les tiques. Ces travaux réalisés par l'Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes (CNRS/ IRD/ Université de la Méditerranée), dirigée par Didier Raoult, sont publiés le 18 novembre 2008 sur le site de la revue PLoS Neglected Tropical Diseases.

Les tiques de chien sont majoritairement présentes au printemps. Habituellement elles ne piquent pas les hommes. Les quelques cas de piqûres sont observés pendant l'été quand les tiques ont été exposées aux chaleurs les plus importantes. Ces parasites sont les vecteurs de bactéries, les rickettsies, agent de maladies infectieuses sévères pour l'homme, les rickettsioses, comme la fièvre boutonneuse méditerranéenne.

 

L'équipe de Didier Raoult, au sein de l'Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes, vient de mettre en évidence le rôle du réchauffement climatique dans l'augmentation des maladies transmises par les tiques. Dans ce travail, il a été constaté que les rickettsioses étaient plus communes et plus graves pendant les étés très chauds de 2003 et 2005 et qu'une petite épidémie s'était développée au printemps de l'année 2007, le plus chaud depuis 50 ans.

 

Les chercheurs ont mis au point un modèle expérimental. Un groupe de tiques a été incubé pendant 24h à 40° et un deuxième groupe à 25°. Les deux groupes ont ensuite été mis en contact avec l'homme. Le résultat est sans appel : l'affinité des tiques de chien pour l'homme est beaucoup plus importante après que les parasites aient séjourné à une température de 40°. Ainsi, l'affinité de ce groupe de tiques pour l'homme est bouleversée par l'augmentation de la température. Sous l'effet de la chaleur, les tiques seraient comme folles et se mettraient à piquer l'homme.

 

Ces résultats permettent d'expliquer la fréquence saisonnière des piqûres en plein été et le fait qu'il y ait plus de cas et plus de cas groupés pendant les étés caniculaires. Des épisodes de réchauffement climatique risquent donc d'être associés à des épidémies de maladies transmises par les tiques dont le comportement aura été changé par la température extérieure.


Références :

Warmer weather linked to tick attack and emergence of severe rickettsioses. Philippe Parola, Cristina Socolovschi , Luc Jeanjean, Idir Bitam, Pierre-Edouard Fournier, Albert Sotto, Pierre Labauge, Didier Raoult. PLoS Neglected Tropical Diseases, 18 novembre 2008.

Contacts :

Chercheur
Didier Raoult
T 04 91 32 43 76
didier.raoult@gmail.com

Presse CNRS
Muriel Ilous
T 01 44 96 43 09
muriel.ilous@cnrs-dir.fr

IRD l Vincent Coronini
T 04 91 99 94 87
vincent.coronini@ird.fr


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