
Paris, 23 mars 2004
« Titrant en première page « Le rapport confidentiel qui accable le CNRS », les Echos ont publié lundi 8 mars un article extrêmement critique vis-à-vis du CNRS s'appuyant sur un rapport d'audit de l'inspection générale des finances.
Je tiens à protester contre les procédés que vous avez employés à cette occasion. Il est déjà regrettable de publier des extraits d'un rapport d'audit destiné à rester confidentiel, surtout lorsque ce rapport est encore provisoire dans l'attente de la réponse que doit formuler l'organisme audité. Je note aussi que, non contente de ne retenir que les critiques contenues dans ce rapport, citées indépendamment de leur contexte, la rédaction des Echos a choisi de les amplifier en ajoutant quelques critiques de son cru, très exagérées, concernant le CNRS et son instance d'évaluation, le Comité national de la recherche scientifique. De plus, je ne peux comprendre que vous ayez choisi de « fabriquer l'événement » en faisant passer pour nouveau un rapport qui avait déjà fait l'objet, il y a quelques semaines, de plusieurs articles de presse et d'une dépêche de l'AFP. Tout ceci est inévitablement vu au sein de la communauté scientifique comme une manœuvre visant à discréditer le CNRS, manœuvre tout à fait superflue et déplacée à un moment où la recherche française traverse une crise grave.
Tout en vous exprimant ces protestations et ces vifs regrets, ma lettre n'a pas pour objet de défendre le CNRS de tout reproche, et moins encore d'entretenir une polémique : je choisis donc de ne pas répondre ici, point par point, aux critiques contenues dans votre article. Une très grande majorité de ses personnels partagent aujourd'hui la conviction que le CNRS doit absolument évoluer et rendre son organisation plus performante afin de mieux accomplir ses missions au sein du dispositif de recherche français et européen et de tenir son rang dans l'intense compétition internationale de la recherche scientifique. L'établissement est aujourd'hui mobilisé, malgré la crise, pour travailler sur un projet de réforme ambitieux et courageux ; pour construire son avenir, il n'a pas besoin de polémiques artificiellement entretenues. »
Bernard LARROUTUROU
Directeur général du CNRS
Martine Hasler
Tél : 01 44 96 46 35
martine.hasler@cnrs-dir.fr
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