
Paris, 19 février 2004
Cette nouvelle plate-forme de calcul de l'IDRIS – baptisée « Zahir » - s'intègre dans le projet européen DEISA[1] - développé dans le cadre du 6ème PCRDT[2], - et vise à déployer un supercalculateur réparti européen résultant de l'intégration de plusieurs supercalculateurs nationaux. Cette future infrastructure communautaire disposera dans une première phase (début 2005) d'une puissance intégrée de 30 Téraflops[3], résultant de l'intégration forte des supercalculateurs IBM de l'IDRIS en France, de Julich et Garching (Max Planck Institute) en Allemagne, et de CINECA en Italie. Cette plate-forme répartie s'appuie sur des infrastructures réseau et sur des bandes passantes réservées, fournies par les réseaux nationaux concernés (RENATER, GARR, DFN) et par le réseau européen GEANT. Un partenariat technologique avec la société IBM porte sur les infrastructures logicielles de grilles nécessaires pour l'intégration de l'ensemble des ressources de calculs nationaux. Piloté par l'IDRIS/CNRS, DEISA va devenir un centre de calcul virtuel européen, dont l'objectif premier est le support aux projets d'avant-garde en sciences computationnelles.
Dans un contexte où l'on recherche de plus en plus l'ubiquité des forces de calcul et la globalisation des ressources disponibles à l'échelle nationale et européenne, ce plan d'équipement du CNRS permet d'assurer à ses chercheurs des outils performants et innovants. Pratiquement toutes les disciplines scientifiques tributaires des moyens informatiques de haute performance bénéficieront de la nouvelle infrastructure de calcul de l'IDRIS. Citons, à titre d'exemples, les recherches sur l'environnement et la modélisation du climat, sur la turbulence et la combustion, sur la chimique quantique, sur les systèmes moléculaires organisés et la biologie, sur la physique et la chimie des matériaux...
L'IDRIS*
L'IDRIS (Institut du Développement et des Ressources en Informatique Scientifique) est le centre national du CNRS pour le calcul numérique intensif de très haute performance. Implanté à Orsay, cette unité de service du CNRS, rattachée au département STIC, participe avec le CINES (Centre informatique de l'enseignement supérieur, Montpellier) à la mise en place de ressources informatiques nationales, au service de la communauté scientifique de la recherche publique qui nécessite des moyens informatiques extrêmes.
Quelques données techniques
Depuis juin 2002, l'IDRIS opérait déjà avec un supercalculateur IBM Power4 - d'une puissance de calcul nominale d'environ 1.3 Téraflops et d'une mémoire globale de presque 900 Gigaoctets. Cette machine était constituée de huit nœuds (32 processeurs par nœud - soit un total de 256 processeurs – environ 5 Gigaflops[4] de puissance de crête par processeur), chaque nœud étant doté d'un grand espace de mémoire partagée allant de 64 à 256 Gigaoctets[5] par nœud.
L'évolution effectuée s'est soldée par un élargissement très important de cette plate-forme (passage à 1024 processeurs et presque 3 Téraoctets de mémoire). Le nouveau système comportant les 768 processeurs supplémentaires engage des nouvelles technologies dites Power4+, des architectures innovantes, et un réseau d'interconnections (réseau High Performance Switch dit « Fédération ») de nouvelle génération de très haute performance (full duplex 2 + 2 GB/s). La puissance de calcul nominale de la nouvelle plate-forme est de 7 Téraflops.
Caractéristiques principales du nouveau système :
· Une moitié du nouveau système se présente sous la forme de 12 noeuds à 32 processeurs (soit 384 processeurs) de même architecture que la plate-forme préexistante, mais en technologie Power4+ plus performante ;
· L'autre moitié se présente sous la forme de 96 nœuds quadri-processeurs directement connectés au réseau « Fédération ». Cette partition de la machine a été conçue en particulier pour fournir une très grande performance aux applications massivement parallèles qui nécessitent un nombre élevé de processeurs ;
· Tous ces systèmes - l'ancienne et la nouvelle partition des nœuds à 32 processeurs, plus la partition des nœuds quadri-processeurs - constitueront, à très courte échéance, un seul système interconnecté par le réseau « Fédération ».
Cette plate-forme hybride, qui mélange des nœuds de calcul d'architectures différentes, répond aux critères de qualité et de performance du CNRS : l'identification, dans toutes les évolutions des moyens informatiques de l'IDRIS, des architectures d'ordinateurs dont les qualités intrinsèques les rendent susceptibles de se projeter vers l'avenir et de jouer un rôle dominant dans le calcul de haute performance à moyen et long terme. La partition des noeuds quadri-processeurs est unique en Europe. Aux USA, seul San Diego Supercomputing Centre disposera en 2004 de 128 nœuds quadri-processeurs.
1) Distributed European Infrastructure for Supercomputing Applications
2) 6ème PCRDT : 6ème programme cadre de recherche et développement technologique, soutenu par la Commis-sion Européenne
3) Téraflop : mille milliards d'opérations par seconde
4) Gigaflop : 1 milliard d'opérations par seconde
5) Gigaoctet : un milliard d'octets (ensemble de 8 bits qui peut prendre 256 valeurs différentes)
Contact chercheur : Victor Alessandrini
Directeur de l'IDRIS
Tél : 01 69 35 85 05 – Mél : va@idris.fr
Contact département STIC : Armelle Toulemonde
Tél : 01 44 96 53 88
Mél : armelle.toulemonde@cnrs-dir.fr
Contact presse : Martine Hasler
Tél : 01 44 96 46 35
Mél : martine.hasler@cnrs-dir.fr
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