Moteur de recherche

 

Espace presse

Paris, 14 mars 2003

Une nouvelle méthode de datation des carottes glaciaires pour comprendre la déglaciation survenue il y a 250 000 ans

Associés à des scientifiques américains, russes et chinois, des chercheurs du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement à Saclay (unité mixte de recherche du CEA et du CNRS, Institut Pierre Simon Laplace)(1) et du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement de Grenoble (unité mixte de recherche du CNRS et de l'Université Joseph Fourier) (2) ont développé une nouvelle méthode plus précise de datation des carottes glaciaires. Leurs mesures, réalisées sur la carotte antarctique de Vostok, ont permis de reconstruire très précisément la séquence des événements de la déglaciation survenue il y a 250 000 ans.

Publication de Caillon et al. à paraître dans Science le 14 mars 2003 Depuis une vingtaine d'années, les études réalisées sur la carotte antarctique de Vostok ont mis en évidence une forte corrélation entre la teneur en gaz carbonique de l'atmosphère et la température au cours des 420000 dernières années. La méthode utilisée jusqu'à présent, qui reposait sur une analyse isotopique de la glace pour évaluer la température, et sur une analyse des bulles d'air emprisonnées dans cette glace pour la composition atmosphérique, avait toutefois ses limites. En effet, il existe une incertitude, de l'ordre de 1000 ans, sur la différence d'âge entre la glace et les bulles d'air. La nouvelle méthode mise au point permet de diminuer cette incertitude d'un facteur 5 en évaluant, à partir des bulles d'air, non seulement la température, mais aussi la composition atmosphérique. La température est cette fois estimée par une analyse très précise de la composition isotopique de l'argon des bulles d'air. La séquence des événements peut alors être reconstruite de façon précise. Le réchauffement commence en Antarctique, initié probablement, par des changements d'insolation (3). L'augmentation de la teneur en gaz carbonique débute environ 800 ans plus tard mais elle précède de quelques milliers d'années la fonte des calottes glaciaires qui marque l'étape principale de la déglaciation. Cette séquence est cohérente avec l'idée que l'augmentation du gaz carbonique contribue, à travers différentes rétroactions, à amplifier l'effet, très faible, des changements d'insolation, et participe donc activement à cette déglaciation. Jean Jouzel, directeur de l'Institut Pierre Simon Laplace, fédération de laboratoires de la région parisienne, a reçu la médaille d'or 2002 du CNRS : http://www.cnrs.fr/cw/fr/pres/compress/medailleOr2002/index.html "Climat : d'hier à demain" conférences organisées par le laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement le 20 mars à Grenoble : http://www-lgge.ujf-grenoble.fr/actu/actualites.shtml Du 15 au 20 mars, sur le thème "Humeurs climatiques", les rencontres "Image et science" se dérouleront dans la délégation Rhône-Alpes du CNRS : http://www.rhone-alpes.cnrs.fr./imagescience2003/index.htm

Station russe de Vostok en antarctique de l'Est. L'épaisseur de la glace est de l'ordre de 3 700 m et la hauteur d'eau du lac sous la station est estimée à plus de 500 m.

© CNRS Photothèque / LGGE - Photo : J-R. Petit

Notes :

(1) LSCE : Consulter le site web
(2) LGGE : Consulter le site web
(3) temps pendant lequel le soleil brille, ensoleillement

Références :

Nicolas Caillon, N., Jeff Severinghaus, Jean Jouzel, Jean Marc Barnola, Jiangcheng Kang et Volodya Lipenkov, Timing of atmospheric C02 and Antarctic temperature changes across termination III, Science, 14 Mars 2003.

Contacts :

Contact presse :
CNRS : Magali Sarazin 01 44 96 46 06
CEA : Alexandra Bender 01 40 56 17 16

Contacts chercheurs :
Jean Jouzel, LSCE, 06 84 75 96 82
Jean-Marc Barnola, LGGE, 04 76 82 42 42


Haut de page

Derniers communiqués
Toutes disciplines confondues

Retour à l'accueilContactcreditsCom'Pratique