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Paris, 14 fevrier 2002

Les moindres faits et gestes de l'albatros révélés par GPS

Henri Weimerskirch et son équipe CNRS(1) «Oiseaux et mammifères marins» étudient depuis plusieurs années la façon dont les oiseaux et mammifères exploitent les ressources marines et quelles sont les conséquences des changements environnementaux sur les populations de prédateurs. Dans la revue Science du 15 février, H. Weimerskirch publie les résultats de son étude menée à distance sur des albatros équipés de GPS(2) miniaturisés. Cette nouvelle génération de GPS, par sa légèreté et sa précision, présente de nombreux avantages. Les enregistrements obtenus (un par seconde) permettent ainsi de suivre, au mètre près, le déplacement des oiseaux dans leur milieu naturel et fournissent des renseignements précieux pour la recherche en écologie des animaux marins.

Grâce à ce GPS miniaturisé, pesant entre 50 et 100 grammes, fixé sur l'animal, il a été possible, pour la première fois, de suivre très précisément le déplacement des grands albatros dans l'Océan Austral. On peut ainsi reconstituer leur trajectoire et enregistrer la vitesse instantanée de l'oiseau qui est fonction de la direction et de la force du vent ; cette vitesse peut atteindre jusqu'à 135 km/h. L'albatros ajuste sa trajectoire pour retrouver des secteurs océaniques qu'il a déjà traversés, augmentant ainsi sa chance de trouver des proies, repérant les bords des plateaux continentaux où vivent les calmars dont il se nourrit. La précision du système permet même de reconstituer la trajectoire des oiseaux une fois posés sur l'eau et dérivant à la surface de l'océan et de mesurer la vitesse et la direction des courants marins. L'équipe d'Henri Weimerskirch, avec le soutien de l'Institut Polaire(3), utilise des techniques de télémétrie ou mesure à distance et d'acquisition de données pour comprendre le rôle des prédateurs dans leur milieu : la télémétrie par satellite à l'aide de balises Argos(4) miniaturisées avait permis, dès 1989, de suivre les animaux marins antarctiques tels les pétrels, les manchots ou les otaries et plus particulièrement les albatros qui se déplacent sur des distances immenses (parfois jusqu'à 2 000 km) pour aller chercher de la nourriture pour leurs petits. En couplant ces balises Argos à des appareils enregistreurs, il était devenu possible d'étudier le comportement de ces animaux et leur physiologie - ingestion des proies, profondeur de plongée, rythme cardiaque -, de localiser les zones à forte densité en calmars ou en poissons ou d'enregistrer les paramètres physiques du milieu. Toutefois ces techniques de télémétrie ne permettaient d'obtenir que des localisations peu fréquentes (une par heure dans de bonnes conditions) d'une précision souvent réduite (1 km en moyenne) avec une autonomie de batterie faible. Pour résoudre ce problème, un programme de collaboration a été mis en place entre cette équipe CNRS et l'Université de Zürich pour développer une platine(5) GPS miniaturisée ayant une grande capacité de mémoire. Fixé sur l'animal, le système GPS est relié à des satellites : les informations reçues par l'intermédiaire de ces satellites sont analysées par la platine, stockées puis récupérées par les chercheurs. L'analyse de la base de données constituée à partir de ces enregistrements va permettre d'aborder des questions plus précises et plus particulièrement l'aérodynamique. Cette nouvelle technique de télémétrie ouvre ainsi des perspectives importantes pour la recherche en écologie et deviendra une technique incontournable dans les années à venir.

Albatros hurleur incubant sur son nid aux îles Crozet

© H. Weimerskirsh - CNRS

Notes :

(1) Le Centre d'études biologiques de Chizé est un laboratoire du CNRS, situé au cœur de la forêt de Chizé (Deux-Sèvres). Il sert de station de terrain pour effectuer des recherches interdisciplinaires sur l'écologie et l'évolution des vertébrés dans des milieux naturels et modifiés.
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L'équipe «Oiseaux et mammifères marins» est un Groupement d'Intérêt Scientifique consacré à l'écologie des oiseaux et des mammifères marins, associé au Centre de Recherche sur les Mammifères Marins et à l'équipe prédateurs marins supérieurs de l'université de La Rochelle.
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Henri Weimerskirch est membre de la délégation française au SCAR (Scientific Commitee for Antarctic Research) et à la CCAMLR (Convention pour la Conservation des Ressources Marines Antarctiques).

(2) Global Positioning System.

(3) Institut français pour la recherche et la technologie polaires : Consulter le site web

(4) Système de localisation et de transmission de données par satellite.

(5) Ensemble comprenant l'antenne et le système électronique de réception des informations émises par les satellites GPS couplé à un système de traitement et de stockage des données.

Références :

Weimerskirch H., Bonadonna F., Bailleul F., Mabille G., Dell'Omo G. et Lipp H.P. GPS tracking of foraging albatrosses. Science, 15 février 2002.

Contacts :

Contact chercheur CNRS :
Henri Weimerskirch
Tél. : 05 49 09 78 15 - Fax. : 05 49 09 65 26
Mél : henriw@cebc.cnrs.fr

Contact communication du département des sciences de la vie, CNRS :
Marie-Pascale Corneloup-Brossollet
Tél. : 01 44 96 46 48 - Fax. : 01 44 96 49 19
Mél : marie.corneloup@cnrs-dir.fr

Contact presse CNRS :
Magali Sarazin
Tél. : 01 44 96 46 06
Mél : magali.sarazin@cnrs-dir.fr


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