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Paris, 2 juin 2014

Décès de François Kourilsky, ancien directeur général du CNRS

Ancien directeur général du CNRS, François Kourilsky s'est éteint samedi 31 mai à l'âge de 79 ans. Médecin et chercheur, il a consacré l'essentiel de ses travaux scientifiques à l'immunologie des tumeurs, effectuant une grande partie de sa carrière à l'Inserm, dont il était directeur de recherche émérite. La direction du CNRS salue la mémoire de ce scientifique et modernisateur de premier plan, qui a profondément marqué l'organisme de son empreinte.

Fils de médecin, François Kourilsky débute sa carrière de chercheur deux ans après avoir obtenu son internat et rejoint l'université de New York où il étudie, dans le contexte stimulant de la naissance de l'immunologie moléculaire, au sein de l'équipe de Baruj Benacerraf, futur prix Nobel de Médecine (1980), l'activité des anticorps circulants. En 1974, il prend la direction de l'unité Inserm de l'hôpital Saint Louis, dans le laboratoire créé par Jean Dausset, co-lauréat du prix Nobel en 1980. Installé à Marseille en 1976, il y crée le Centre d'immunologie de Marseille-Luminy (CNRS/Inserm/AMU) qu'il dirige jusqu'en 1985. En 1981, François Kourilsky est à l'origine, avec Michel Delaage et Antoine Béret, de la société Immunotech, devenue l'un des leaders mondiaux pour la fabrication de réactifs à base d'anticorps. Après une période de six ans durant laquelle il exercera la fonction de directeur général du CNRS, François Kourilsky dirigera pendant cinq ans l'institut fédératif de recherche de l'Institut Gustave Roussy à Villejuif, dont il sera également le sous-directeur puis le directeur honoraire de la recherche. Les travaux de François Kourilsky ont fait l'objet de plus de 150 publications dont certaines dans les plus grandes revues internationales d'immunologie et de cancérologie.
 
A la tête du CNRS de 1988 à 1994, François Kourilsky laisse le souvenir d'un manager accompli, à la fois discret et chaleureux. « Il a fortement contribué à moderniser le fonctionnement de l'organisme », a rappelé le président du CNRS, Alain Fuchs, soulignant également « l'action déterminée » menée par son prédécesseur « dans la promotion de l'interdisciplinarité ». Plusieurs programmes interdisciplinaires naîtront pendant ses mandats. « La spécialisation qui naquit au XIXème siècle et avec elle, ce terme de discipline si suggestif, est nécessaire mais n'est pas un but en soi. Il faut donc éviter que se referment les prisons disciplinaires et ouvrir sans cesse de nouveaux champs de recherche », plaide-t-il devant le Comité national de la recherche scientifique, réuni en session plénière en février 1990.

Le CNRS lui doit notamment la création des délégations régionales en 1991 qui engage l'organisme vers la gestion administrative déconcentrée qu'on lui connaît aujourd'hui.  Convaincu de la nécessité d'une ouverture internationale, il est à l'origine de la création du bureau du CNRS à Bruxelles au tout début de son premier mandat en 1988 et du bureau du CNRS à Tokyo un peu plus tard. On lui doit également la mise en place d'une instance indépendante du CNRS, le COMETS, chargée de développer une éthique partagée par l'ensemble des personnels de la recherche. Soucieux de faire reconnaître le rôle majeur des ingénieurs, techniciens et administratifs, François Kourilsky sera à l'initiative du « Cristal du CNRS », récompense dédiée à celles et ceux qui mettent leur créativité, leur maîtrise technique et leur sens de l'innovation au service de l'excellence de la recherche française.
F. Kourilsky

© CNRS Phototheque / Serge DETALLE


 

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