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6 novembre 2003

Parlez-moi de moi…du nouveau dans la carte d'identité émotionnelle

Les structures cérébrales qui signent notre carte d'identité émotionnelle ne sont pas connues. Quel chemin les émotions empruntent-elles dans le cerveau pour rendre chaque individu unique ? Y-a-t-il une différence selon que ces émotions sont positives ou négatives ? C'est l'enjeu de l'expérience menée par Philippe Fossati, chercheur au Laboratoire « Vulnérabilité, adaptation et psychopathologie » (CNRS et universités de Paris 6 et 7) en collaboration avec des chercheurs canadiens du Rotman Research Institute . Ce travail est publié dans « l'American Journal of Psychiatry » de novembre et fait la couverture de cette revue.

La dépression peut toucher une personne sur dix. Les bases cérébrales de cette pathologie restent mal connues. L'étude, grâce aux techniques d'imagerie cérébrale, des régions cérébrales impliquées dans les émotions peut permettre d'espérer mieux comprendre et mieux traiter ces pathologies dépressives. Au cours de cette étude réalisée à Toronto en 2000, dix sujets en bonne santé ont eu à juger des mots connotés émotionnellement, décrivant des traits de personnalité à la fois positifs (" généreux, gentil, … ") et négatifs (" susceptible, avare, stupide, … ") pendant l'enregistrement de leur activité cérébrale en IRMF, dans trois conditions différentes. Dans la condition relative à soi (self ou personnelle), les sujets devaient préciser si les mots s'appliquaient ou non à eux. Dans la condition générale, les sujets jugeaient s'il était souhaitable ou non d'avoir ce trait de personnalité. Dans la condition de contrôle par lettre il était demandé aux participants si le mot contenait une lettre en particulier.

Les résultats montrent que la condition " personnelle " induit une activation bilatérale spécifique dans la région antérieure et interne du cerveau, tandis que les mots traités dans la condition générale induisent une activation dans les aires plus externes. La partie interne activée par la condition personnelle, n'est pas modulée par le fait que les mots soient porteurs d'émotion positive ou négative. Ainsi ce résultat montre qu'il existe dans le cerveau des régions cérébrales représentant la carte d'identité émotionnelle de chaque individu et permettant d'intégrer les expériences émotionnelles dans l'histoire personnelle des sujets.

Philippe Fossati poursuit cette recherche par une autre expérience dans son laboratoire, auprès de patients déprimés et de sujets vulnérables à la dépression. La même région du cerveau, le cortex préfrontal dorso-médian est activée lorsque les émotions font référence à soi, mais tout se passe comme si les sujets déprimés s'étaient spécialisés dans le traitement des émotions négatives. Les antidépresseurs et la psychothérapie permettraient alors au cerveau de perdre cette spécialisation et de retrouver une souplesse émotionnelle.

Ces travaux ouvrent donc des perspectives importantes dans la compréhension des mécanismes cérébraux à l'œuvre dans les psychothérapies.


Zones du cerveau activées (cortex médial pré-frontal) quand les sujets évaluent des mots connotés émotionnellement pour décrire leur personnalité. La zone est activée quelle que soit la valeur du mot, positive ou négative.

© CNRS - UMR 7593 - Ph. Fossati

Contacts :

Contact chercheur :
Philippe Fossati
Laboratoire « Vulnérabilité, adaptation et psychopathologie »
Tél : 01 42 16 12 33
Mél : philippe.fossati@psl.ap-hop-paris.fr

Contact département Sciences de la vie :
01 44 96 40 25

Contact presse CNRS :
Magali Sarazin
Tél : 01 44 96 46 06
Mél : magali.sarazin@cnrs-dir.fr


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